Zenit: The Chandrasekhar Limit

Ah, que je n’aime pas chroniquer des albums qui m’ont déçu! Surtout quand ils ont 1) un passé glorieux et 2) des qualités rédemptrices. C’est le cas de The Chandrasekhar Limit, du groupe suisse Zenit. Si au moins il avait été complètement naze et le fait d’inconnus, j’aurais pu le casser sans vergogne ou, mieux, l’ignorer.

Mais Zenit est (avec Shakary) un des groupes qui sont nés des cendres de Clepsydra et, du coup, c’est dur de l’ignorer. Surtout que si, dans son ensemble, la musique de Zenit est un rock progressif de type néo-prog assez bateau (d’où déception), elle offre quelques plages instrumentales de toute beauté (d’où qualités rédemptrices dilemmogènes).

En fait, Zenit semble souffrir des mêmes défauts que ses deux illustres prédécesseurs, à savoir des parties vocales qui oscillent entre le convenu et le maladroit, mais n’a pas le même niveau d’excellence instrumentale qui, à mes oreilles, compensait. Il manque à la plupart des morceaux de cet album un zeste de fraîcheur ou de folie.

Cela dit, je mentirais par omission si je passais sur les quelques moments de brillance que réserve The Chandrasekhar Limit. Le meilleur morceau de l’album, l’indianisant « Mitrimandir », a aussi le mérite d’être un des plus long, avec dix-sept minutes. Il est suivi par « Pulsar », un fort sympathique instrumental de près de six minutes.

J’aurais aimé pouvoir dire que « The Daydream Suite », qui conclut l’album du haut de ses vingt-quatre minutes, finit en apothéose, sauf que non. On sent une énorme ambition derrière, mais sans qu’il y ait les moyens de la concrétiser. Du coup, le morceau se perd dans des parties chantées longuettes, qui répètent les mêmes paroles en boucle, avec de vagues variantes. C’est presque douloureux.

Du coup, sur les septante-et-une minutes qui dure The Chandrasekhar Limit, il y en a environ un tiers qui trouve grâce à mes yeux. C’est peu, même si ce « peu » est vraiment très bien. J’ai donc du mal à le recommander, hormis aux fans hardcore qui voudront compléter une collection « prog suisse ».

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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