Zone franche Bagneux 2013

Si je vous parle d’une convention de science-fiction sise dans la salle des fêtes d’une petite cité de la banlieue parisienne, vous êtes en droit de supposer qu’il s’agit là d’un événement mineur. Les figures de style étant ce qu’elles sont, vous faites erreur : Zone franche est un festival majeur.

D’une part, il s’agit d’un événement multi-genres qui, s’il réunit surtout des représentants des littératures de l’imaginaire, n’hésite pas à ouvrir ses portes aux rôlistes, aux illustrateurs, aux conteurs et même… aux archéologues. D’autre part, sa relative petite taille lui confère une atmosphère particulière, qui permet un contact beaucoup plus facile entre auteurs et public que dans de plus grands raouts.

Cette ambiance particulière – probablement alimentée par le cidre du stand breton et les diverses eaux-de-vie amenées par certains auteurs que je ne citerai pas ici (qui ont, cela dit, été beaucoup plus raisonnables que l’année passée) – permet une sorte de grand brassage entre les uns et les autres. On discute, on réseaute, on lance des Plans Géniaux.

Personnellement, je suis conquis : c’est d’ailleurs la deuxième fois que j’y viens et sans doute pas la dernière. C’est le genre de sortie qui, d’une part, me pousse à relancer mes projets d’écriture non rôlistes (n’exagérons rien : ça reste tout de même très lié à Tigres Volants) et, d’autre part, me permet de revenir avec un mètre cube (ou peu s’en faut) de bouquins à chroniquer.

À noter que mon collègue en rôlisterie Éric Nieudan a cette année été récompensé du Prix « Zone franche » de la Ville de Bagneux (et son bagneuzzor) pour sa nouvelle Mince Pies parue dans le fanzine Présence d’esprits. La cérémonie a d’ailleurs donné lieu à des remerciements très appuyés de la part d’un représentant du Conseil général des Hauts-de-Seine envers les rôlistes précédents, ce qui fait toujours plaisir.

Il faut dire qu’étaient présents la Fédération française de jeux de rôle, la communauté rôliste parisienne Opale, plus l’inévitable Johan « Sombre » Scipion (oui Johan : un jour, je jouerai à ton jeu) et que tout ce petit monde, bien placé près de l’entrée, a abattu un travail impressionnant en termes de parties d’initiation.

Au reste, hormis les précités, le front des auteurs comptait un nombre non négligeable de joueurs et Olivier « Akae » Sanfilippo, lauréat du prix de l’illustration l’année passée, avait droit à un stand et une exposition. J’ai du reste pu rencontrer Pierre « Le PiXX » Le Pivain, qui avait réalisé les illustrations de la couverture et de deux des chapitres de la « campagne lupanar ». Certes, on s’était déjà croisé sur plusieurs conventions, mais la discussion est toujours agréable.

Bagneux, c’est aussi un festival qui propose des conférences et tables rondes. Et aussi quelques animations nettement moins intellectuelles, comme le Quiz SF animé par Raymond Milési, champion hors catégorie de l’à-peu-près lexical, à cause duquel (le quiz, pas Raymond) j’ai raté la seule table ronde dont le sujet m’intéressait (et je n’ai même pas gagné de prix). Ça m’apprendra à mieux m’organiser !

En marge du festival, j’en ai profité pour enfin aller jeter un œil à ces deux nouveaux centres de la culture geek parisienne que sont le Dernier bar avant la fin du monde et Les Caves alliées. Je n’ai fait que rapidement visiter le premier, qui a l’air très trendy, mais le décor réserve pas mal de surprises sympathiques pour le fan. Le second est plus axé « taverne médiévale », avec murs de pierre et cave basse de plafond, mais il propose un grand choix de très bonne bières et il y a du wifi, ce qui est peu médiéval, mais presque aussi important que les bières.

En fait, le seul défaut, c’est que, comme Zone franche se déroule en février, ce n’est que rarement sous des cieux cléments. Cette année, ça n’a pas raté : non seulement il faisait un froid de géhenniste, mais en plus il neigeait. Paris sous la neige, ça vaut presque Paris sous les bombes.

Vous pouvez également lire le compte-rendu d’Éric sur son blog (tu vois que tu peux sortir des chroniques avant moi, quand tu veux) et une panoplie de photos toupourrites sur mon compte Flickr.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. Eric Nieudan dit :

    C’est uniquement l’abus de café qui m’a permis de te coiffer au poteau sur ce coup-là 😉
    Eric Nieudan Articles récents…Danger Decks : un prototype testableMy Profile

    • Alias dit :

      Ça explique; je me suis rendu compte que j’avais été ultra-raisonnable niveau café, ce week-end.

      Nettement moins niveau cidre et bière (et l’abricotine de Laurent W. n’a pas aidé).

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