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“Zoo City”, de Lauren Beukes

Zoo City est un roman de fantastique contemporain signé par l’auteure sud-africaine Lauren Beukes que j’aurais aimé adorer. Conditionnel, donc. Il nous plonge dans une ville de Johannesburg à suivre les pas de Zinzi December, une jeune femme qu’un crime passé a affublé d’un paresseux et d’un don de clairvoyance.

Car, dans l’univers de Zoo City, sans que l’on sache pourquoi, des animaux magiques s’attachent aux personnes qui ont commis des crimes; avec ces animaux viennent bien évidemment un stigma social (les “animalés” sont immédiatement perçus comme des criminels), mais également des pouvoirs magiques.

Zinzi, anti-héroïne au passé sulfureux (ancienne journaliste et junkie, elle a autrefois tué son frère dans des circonstances troubles), a la possibilité de retrouver les choses perdues. Ce don lui permet de décrocher un travail auprès de Odi Huron, imprésario et producteur des futures stars de la pop africaine, des adolescents jumeaux, dont la sœur a disparu.

Il lui faut non seulement gérer son statut d’animalée, mais également son passé de journaliste, ses actuels “employeurs” et leurs arnaques par Internet et, de façon générale, la vie dans une Afrique du Sud post-apartheid toujours en proie à la criminalité et terre d’accueil pour des réfugiés de tout le continent (à commencer par son camarade de plumard).

Comme je le disais en ouverture, j’aurais aimé aimer ce livre: le contexte d’une Afrique contemporaine et de cette présence animale surnaturelle, “marque du péché” pour les criminels mais également source de pouvoir, est tellement truffé d’idées géniales que je ne saurais même pas par commencer.

Le gros défaut du bouquin, c’est son rythme. Je veux bien admettre que ma lecture, au format numérique sur l’iPhone à la pause déjeuner, n’était pas des plus idéales, mais je n’ai jamais non plus eu l’intérêt d’en lire plus. Par moment, je sentais que c’était à la limite de la corvée, “allez, encore un chapitre; une cuillère pour papa, une cuillère pour maman…”

Zoo City met énormément de temps à démarrer et, une fois passé les deux-tiers, change brusquement de rythme et d’ambiance pour se terminer certes en apothéose, mais dans un genre qui n’a presque rien à voir avec le commencement.

Malgré cela, le roman a de très bons côtés: le contexte, donc, mais également des personnages bien campés, crédibles et attachants. J’ai aussi bien aimé le style de Lauren Beukes (lu en anglais), qui fait bien ressortir ces deux aspects par des descriptions alertes. Je pourrais cela dit quelque peu chouiner sur l’usage massif d’argot sud-africain; sans lexique, c’est rude. Mais, un peu comme dans The Windup Girl, on s’y fait assez vite.

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4 commentaires sur ““Zoo City”, de Lauren Beukes”

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