A Perfect Circle: Eat the Elephant

Des fois, il y a des trucs qui sont rangés dans la catégorie “metal” et tu te demandes juste pourquoi. Eat the Elephant, dernier album en date de A Perfect Circle, fait partie de cette catégorie. Ce qui ne l’empêche pas d’être plutôt cool. Et metal, aussi. Un peu.

A Perfect Circle est un groupe américain à l’histoire bizarre, puisqu’il a été fondé à l’origine par Maynard James Keenan, le chanteur de Tool, et le guitariste Billy Howerdel, avant de se séparer en 2004. Il leur a donc fallu quatorze ans pour faire ce quatrième album. Pas mal; j’ai déjà vu mieux, mais pas mal.

Musicalement, A Perfect Circle ressemble à un croisement entre Porcupine Tree, Tool et des survivants de la new-wave des années 1980 – il y a des bouts qui me rappellent Ultravox et les débuts de U2 – et on trouve même un morceau qui s’appelle “TalkTalk”, c’est dire. Un metal progressif très éclectique, plus mélancolique qu’énergique, mais plutôt original.

Eat the Elephant compte douze pistes, qui tournent généralement autour de cinq à six minutes (avec une pointe à six minutes quarante) et dure près d’une heure. Un format donc plutôt court, qui privilégie les pistes percutantes. Ou pop, ça dépend comment on voit les choses.

Parce que oui, autant utiliser les mots qui fâchent: Eat the Elephant lorgne pas mal du côté de la pop dans son approche. Peut-être pas pour ce qui est du résultat final, qui reste encore trop globalement bizarre pour des oreilles non éduquées, surtout quand on considère l’album dans son fort éclectique ensemble.

Cela dit, si “pop” est souvent perçu comme un gros mot, surtout dans les milieux prog, metal ou les deux, il représente aussi une certaine recherche dans le domaine des mélodies qui tapent juste. Et, pour le coup, A Perfect Circle fait plutôt fort.

Des morceaux aussi différents que “The Contrarian”, “The Doomed” et le très geek “So Long and Thanks for All the Fish” – tous trois avec un thème très social, cela dit – sont plutôt représentatifs de ce à quoi on peut s’attendre dans cet album. On pourrait se dire que c’est parfois le grand écart, mais à l’écoute, Eat the Elephant est plutôt cohérent.

Par contre, c’est clair que si on s’attend à du Tool ou à une autre forme de metal progressif un peu plus mordant, on risque fort d’être déçu. C’est un album qu’il vaut mieux aborder avec une certaine d’ouverture d’esprit (et non pas…). À commencer par le morceau-titre, qui ouvre sur une touche blues.

Du coup, ma recommandation finale sur Eat the Elephant aura un petit côté “oui, mais”: moi je l’aime beaucoup, en grande partie par son côté non-conformiste et ses sonorités “années huitante”, mais il vaut mieux éviter de l’appréhender avec trop d’idées préconçues.

Bonus: la vidéo (minimaliste) de “The Doomed”, une des pistes les plus metal de l’album, et celle de “So Long and Thanks for All the Fish”, parce que Douglas Adams


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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