Anima Mundi / Sirk à Chambéry

Anima Mundi à Chambéry

Alors, voilà qu’on m’annonce un concert de prog, avec Anima Mundi et Sirk, au Brin de Zinc de Chambéry. Je ne connais aucun des deux groupes autrement que de nom, mais c’est pas grave: c’est un samedi, je n’ai rien de prévu, c’est du prog, alors YOLO!

Ouais, des fois je suis un peu con. Mais le plus souvent, je suis complètement con.

Disons les choses ainsi: même si c’est à moins de 100 km de chez moi, Chambéry n’est pas la cité la plus facilement accessible – et le Brin de Zinc est certes une salle sympa, mais également localisée dans un endroit improbable pour quelqu’un qui ne dépend que des transports publics. Heureusement, il y a des bus (mais pas le dimanche matin, humour) et un hôtel en face.

Mais bon, cette fois-ci, je connais les lieux: j’arrive donc à ne pas me perdre et à rejoindre la salle à l’heure. Un peu en avance, même. Ce qui me permet de me retrouver en backstage – ce qui, dans le cas présent, signifie « en terrasse devant la salle ». Les musiciens s’y restaurent avant le début des concerts, se mélangeant joyeusement avec l’organisation, la famille et les quelques visiteurs.

J’en profite pour me refamiliariser avec l’invraisemblable choix de bières du lieu – plus de Tokyo, hélas, mais de la Saint Bernardus et de la Tripel Karmeliet à la pression. Rien que. Et, bientôt, Sirk monte sur scène. À vrai dire, c’est par l’un d’entre eux – Bruno, le guitariste, que j’ai comme contact sur Facebook – que j’ai appris l’existence de ce concert.

Sirk à Chambéry

Annoncé comme du métal progressif, Sirk flirte avec ce genre et avec le néo-prog. La mauvaise nouvelle, c’est que ça me rappelle un peu trop des groupes comme Ælendir ou Ashby dans leur tendance à en faire un peu trop dans le théatral marillionesque des tous débuts – y compris avec le chanteur et son maquillage façon Joker période The Dark Knight Returns.

Plus gênant, j’ai trouvé leurs compositions bien maîtrisées, mais décousues. Par exemple, leur epic « Life », de vingt-cinq minutes, ressemble plus à vingt-cinq morceaux d’une minute assemblés à la diable. Cela dit, quand ils sont plus cohérents, comme sur « Oblivion » et surtout sur l’excellent « Ignite the Stellar Drive » final, ils sont très bons.

Pour avoir discuté avec certains des musiciens de Sirk après le concert, c’est un choix délibéré. Je ne peux pas dire que je l’approuve, mais le groupe est « jeune » (les musiciens, un peu moins): c’est leur premier vrai concert en salle (après quelques Fêtes de la musique) et ils n’ont pas encore d’album. C’est peut-être une question de maîtrise et/ou de maturité. À suivre, donc.

Anima Mundi à Chambéry

Anima Mundi débarque après le traditionnel changement de scène, avec pas loin de vingt ans d’expérience scénique. Pour du prog, c’est plus « classique »: symphonique, façon Yes, avec des inspirations ELP au niveau des sonorités de claviers, de la guitare et de la batterie qui rappelle un peu Marillion, des bouts de jazz et quelques « virgules » musicales qui trahissent leurs origines cubaines.

Car oui, Anima Mundi est un groupe cubain. Ça manquait à mon palmarès. Cela dit, comme mentionné, ça s’entend assez peu; avant le concert, j’imaginais un prog teinté de latino – le bon gros cliché. Ben, non. Leurs morceaux coulent de source: c’est limpide tout en restant complexe et travaillé. Impressionnant.

Et, en concert, c’est de la très haute tenue. La prestation d’Anima Mundi a surtout été basée sur son dernier album, I Me Myself, et son précédent concept-album, The Lamplighter. Ils ont joué plus de deux heures, avec beaucoup d’enthousiasme et de maîtrise, soutenus par une régie son et lumière au taquet.

Autant dire que je suis reparti de la salle avec trois CD en poche et l’impression de n’avoir pas raté un truc majeur. Pour une fois. Le seul – petit – regret, c’est qu’une fois de plus, pour un tel événement, le public était plutôt clairsemé: entre trente et cinquante personnes. En même temps, c’est la moitié de la capacité de la salle et c’est largement suffisant pour faire beaucoup de bruit.

Mes photos sont sur Flickr, Creative Commons et toussa.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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