Arduini/Balich: Dawn of Ages

Arduini/Balich: Dawn of Ages

J’avoue: si j’ai acheté Dawn of Ages, après avoir découvert l’existence de ce projet via Angry Metal Guy, c’est parce c’est marqué Arduini/Balich sur la couverture. Enfin, c’est surtout le nom d’Arduini qui m’a poussé en ce sens: c’est mon fanboy Fates Warning qui parle.

Car Victor Arduini a été le guitariste de ce groupe sur les deux premiers albums et, sans surprise, le son présente de fortes similarités avec cette période “New Wave of British Heavy Metal + fantasy mystique” du groupe – on parle de la première moitié des années huitante, donc.

Brian “Butch” Balich, par contre, m’était inconnu jusqu’à ce jour, mais il aligne une carrière impressionnante comme chanteur au sein du groupe américain Argus. Et donc, ensemble, ils ne combattent pas le crime, mais ils proposent une interprétation de thèmes fateswarninguien sur un mode doom.

Certains projets commencent par un petit EP, histoire de se mettre en jambes; pas eux. Dawn of Ages est, à la base, un monstre d’une heure, comportant six pistes d’une durée oscillant entre trois et dix-sept minutes – mais plutôt vers les dix minutes et plus, en fait. Et ce sans compter les trois reprises en bonus, qui ajoutent une vingtaine de minutes à l’ensemble.

Sur le papier, l’ensemble est alléchant. Dans les faits, c’est un peu moins le cas – mais juste un peu.

Disons les choses ainsi: j’ai déjà du mal avec le rétro-prog, le rétro-metal, c’est encore plus compliqué. Dans le cas présent, on joue en plus sur le tableau d’un de mes groupes mythiques – découvert au hasard d’un album acheté pour la seule pochette, mais c’est une autre histoire. Du coup, je me retrouve le cul entre deux chaises, musicalement parlant.

De façon générale, Arduini/Balich reprend avec bonheur les sonorités et les constructions complexes du Fates Warning de l’époque – les trucs que j’aimais bien, quoi. On a ainsi des longues pistes impressionnantes, notamment “Beyond the Barricade” et “Into Exile”.

Globalement, c’est un album impressionnant de ce point de vue. Les mélodies typiques de Victor Arduini sont appuyées avec bonheur par la voix de Bruce Balich, avec un timbre plus proche de celui de Ray Adler quand il est énervé que de celui de John Arch.

Le défaut, c’est qu’on a parfois l’impression, d’une part que le côté doom, couplé à une production un peu crasseuse, écrase l’ensemble et, d’autre part, d’écouter un pastiche du genre – par exemple, sur l’intro de “The Fallen”, qui ouvre l’album. C’est un peu le défaut des styles rétro-whatever.

L’un dans l’autre, Dawn of Ages est loin d’être un mauvais album. Je dirais qu’à mon oreille de fan de Fates Warning, il est à la fois trop proche et trop éloigné de son matériau d’origine. Il y a de très bons morceaux et des parties qui sont un peu trop style-genre. Son plus gros défaut est peut-être un manque de cohérence à ce niveau.

Néanmoins, pour ceux qui aiment – ou qui s’intéressent – au proto-prog-metal et à ses accointances avec le doom, je vous recommande d’aller jeter une oreille sur la page Bandcamp du projet Arduini/Balich. C’est un peu “metal pour (et par) des vieux”, mais quand ça poutre, ça ne fait pas semblant!


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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