Black Sites: In Monochrome

Quand vous allez au restaurant à sushis, vous avez peut-être remarqué les petites lamelles de gingembre confit, censées “remettre à zéro” votre sens du goût avant la prochaine bouchée. Eh bien In Monochrome, du groupe Black Sites, c’est un peu pareil, mais pour le metal.

En effet, ce groupe américain originaire de Chicago, découvert grâce à une chronique d’Angry Metal Guy, fait du heavy-metal ultra-classique. Peu, voire pas de fioritudes – tout au plus quelques rares passages en growl – juste du bon gros metal des familles. À l’ancienne, mais sans la nostalgie, comme en témoigne l’imagerie résolument moderne de la pochette.

Cette approche épurée se ressent aussi dans la composition de l’album: In Monochrome compte neuf pistes pour moins de cinquante minutes avec seulement deux pointes au-delà de la barre des six minutes.

S’il n’y avait pas eu la recommandation d’AMG – et le fait que l’album s’est régulièrement retrouvé dans les tops 2017 de l’équipe du site – je serais sans doute passé à côté. Le fait est que, si ce n’est pas vraiment ma tasse de bière, le metal du début des années 1980 fait partie de mon ADN musical.

Au reste, je retrouve dans cet album, des pistes qui me rappellent un de mes plaisirs coupables, les Allemands de Rage. Musicalement, c’est à l’opposé du Xanthochroid, chroniqué hier, mais c’est un mélange de heavy-metal turboclassique, de sensibilité moderne (avec notamment une production en béton armé) et des musiciens qui balancent la purée comme si la Fin du Monde était prévue pour dix secondes après la fin du disque.

Il n’y a rien de compliqué dans In Monochrome: c’est du heavy-metal lambda, mais dont la compétence des musiciens et la qualité des compositions, accrocheuses en diable, fait toute la différence. À vrai dire, je me demande si je ne préfère se genre d’album, classique mais bien foutu, à des productions plus tarabiscotées, mais qui taperaient à côté de la plaque.

Black Sites est donc un groupe à conseiller à ceux qui apprécient le metal “à l’ancienne”, à la truelle et au mortier et au bon vieux fer forgé de nos grands-mères. Ou à ceux qui, comme moi, aiment bien se ressourcer de temps à autre. Allez, je me reprendrais bien un petit nigiri saumon, moi…

https://www.youtube.com/watch?v=I2PZFK8rlG4


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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