Xanthochroid: Of Erthe and Axen, Acts I & II

Xanthochroid: Of Erthe and Axen, Acts I & II

J’ai longtemps hésité à jeter une oreille sur Of Erthe and Axen, de Xanthochroid. Il faut dire que nom et titre invoquaient pour moi plus, soit le black-speed-death-thrash tendance bruitiste, ou alors le metal progressif expérimental à la Voivod. Ce qui prouve qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

En fait, Xanthochroid est un groupe californien qui se définit comme “cinematic metal”, ce qui peut se traduire par “metal progressif symphonique, avec des tendances death, black et folk, qui fait des concepts-albums à thème de fantasy barrée”. C’est vrai que “cinematic metal”, c’est plus court. Vu qu’il m’a à la fois été recommandé par Angry Metal Guy et par Néoprog, je n’ai pu que m’y intéresser.

Si je devais oser le jeu des comparaisons, je dirais que Xanthochroid réalise là l’album que j’aurais aimé entendre de Dream Theater à la place de The Astonishing: un metal progressif symphonique très baroque, à plusieurs voix (masculin, féminin, clair et growlé, avec des chœurs en prime) et avec des thèmes musicaux qui se répondent et se retrouvent.

Comme je suis un vrai guedin, je n’ai pas seulement acheté le premier opus de Of Erthe and Axen, mais le deuxième également à la suite. Histoire de simplifier les choses, les deux albums racontent des événements qui précèdent la narration des premiers albums de Xanthochroid. Que je n’ai pas, donc. Parce qu’autrement, ce serait trop facile.

Intitulés “Act I et Act II”, simplement, les deux albums de Of Erthe and Axen comptent chacun huit pistes et durent, respectivement, quarante-trois et cinquante minutes. Une durée raisonnable, donc, avec des morceaux qui vont de l’interlude d’une minute et demie à l’epic de plus de onze minutes.

À ce stade de ma chronique, je me dois de prévenir mon lectorat – enfin, ceux qui n’auraient pas saisi les subtils indices que j’ai parsemés jusqu’à présent: la musique de Xanthochroid, ça donne quand même dans la choucroute melba sauce grand veneur aux huîtres. J’entends par là que le groupe ne fait pas dans l’éthéré: c’est du gros symphonique qui tache et, quand il le faut, du gros metal qui tache aussi.

C’est peut-être ça qui fait que j’aime beaucoup ces albums: ça ne fait pas semblant et, pourtant, ça reste complexe, mais lisible, brutal, mais mélodique. Après, je soupçonne que ce n’est pas pour tout le monde. Le côté “concept-album de fantasy en une tripotée de parties”, surtout avec un côté premier degré assumé, peut en rebuter plus d’un – dont moi, en temps normal.

(En allant jeter un œil sur la page Wikipédia du groupe, j’ai appris qu’en fait, ce sont des gros blagueurs, qui se sont même inventés des alter-égos lettons et allemands pour rire. Le fait que le nom du groupe semble aussi être un clin d’œil à une série de fantasy de Piers Anthony pas particulièrement sérieuse est sans doute un autre indice.)

Et pourtant, je trouve que ces deux Of Erthe and Axen sont en tout point remarquables: le groupe y fait preuve d’une maîtrise impressionnante de nombreuses variantes de metal et balance une œuvre spectaculaire et cohérente de plus d’une heure et demie. Bon, en même temps, ils tournent depuis 2005, ils ont eu le temps de prendre du niveau.

Of Erthe and Axen est disponible sur Bandcamp, ainsi que sur le site officiel du groupe. Sur ce dernier, le téléchargement est accompagné d’un PDF explicatif, avec les paroles et quelques éléments pour comprendre l’histoire. Perso, ce n’est pas l’élément que j’ai trouvé le plus kiffant (surtout qu’on dirait un fichier Word mouliné à l’arrache), mais pour ce qui est de ces deux albums, vous pouvez y aller plein pot, c’est du bon!


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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