Blake et Mortimer: Le Dernier Pharaon

Blake et Mortimer: Le Dernier Pharaon

Chroniquer un nouvel album de Blake et Mortimer si tôt après la déception du premier tome de La Vallée des immortels, vous allez dire que je cherche la bagarre. Et je dois avouer que, de prime abord, Le Dernier Pharaon m’a laissé dubitatif. Sauf que.

Déjà, c’est un album qui part sur le cliché de la suite d’un des albums mythiques signés Edgar P. Jacobs – peut-être pas le plus mythique, mais pas loin, puisqu’il s’agit du Mystère de la Grande Pyramide. Puis, il embraye sur le Palais de Justice de Bruxelles.

Wait, what?

Bon, à ce stade de ma chronique, il me faut sans doute préciser que cette histoire est signée Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et, surtout, François Schuiten, qui signe également les dessins (avec Laurent Durieux aux couleurs).

Schuiten, c’est l’auteur (avec Benoît Peteers) des Cités obscures, une série qui, depuis trente-cinq ans, explore une Europe parallèle où l’architecture mystique a droit de cité. Et c’est bien d’architecture mystique qu’il s’agit ici. Ce fameux Palais de Justice va devenir le cœur d’événements qui vont provoquer des changements majeurs dans le monde entier.

C’est déjà un premier point: dans Le Dernier Pharaon, le monde va changer radicalement et Blake et Mortimer – surtout Mortimer, en fait – n’y peuvent rien. Ils ont juste une chance d’empêcher que ça n’empire de façon définitive.

D’autre part, le « quelques années plus tard » qui lance l’histoire proprement dite est une belle litote: les deux héros ont pris un méchant coup de vieux – vingt ans, au bas mot. Ils sont à deux doigts de la retraite, et pas forcément dans la bonne direction.

Bon, pour être très honnête, tout ceci se mélange un peu. On a des éléments contemporains qui se superposent à la trame des histoires originelles, plus des parties plus intemporelles. Mais ce n’est pas très grave; je soupçonne qu’il n’y a guère que des maniaques dans mon genre pour s’en rendre compte.

Et puis il y a le style Schuiten. Déjà, il n’essaye pas de singer le style Jacobs, ce qui est une très bonne chose. Jusque dans le découpage des cases et l’abus de cartouches narratifs. Il y en a, mais moins que d’habitude.

Enfin, il y a une histoire qui est plutôt bluffante. Je ne vais pas trop vous raconter, mais disons qu’il y a une machinerie basée sur de l’architecture égyptienne et que Bruxelles est évacuée et verrouillée. La traversée de Mortimer à travers une Bruxelles abandonnée, quasi-désertée est digne des plus grands moments post-apo.

Alors, oui, j’imagine que les puristes vont piorner. Principalement parce que les puristes ne savent un peu faire que ça. Mais j’ai trouvé que cette histoire avait cent fois plus de gueule que le précédent, même si elle semble plus éloignée du canon jacobsien.

C’est une histoire crépusculaire et, pourtant, pleine d’espoir. Quelque part, s’il ne devait plus y avoir de Blake et Mortimer après ce tome, ça me satisferait. Ce serait une belle conclusion à la saga.

Bien évidemment, nous savons déjà que ce ne sera pas le cas: le deuxième tome de La Vallée des Immortels est prévu pour la fin de cette année, mais je suis prêt à parier qu’il ne sera pas au niveau de ce Dernier Pharaon.

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