Blake et Mortimer: La Vallée des Immortels

Blake et Mortimer: La Vallée des Immortels

Au cours du déménagement de reliques historiques de Nankin vers Taiwan, en pleine guerre civile chinoise, des historiens tombent par hasard sur un manuscrit d’une importance historique capitale. C’est ainsi que commence le nouvel épisode des aventures de Blake et Mortimer, La Vallée aux Immortels.

Bon, si on fait abstraction de la couverture, ce n’est pas immédiatement évident: les héros éponymes n’apparaissent qu’après un long prologue – une sorte de prégénérique. Et ils vont se trouver embrigadés dans cette histoire un peu par la bande, également.

Alors bon, je vais être honnête: si j’ai globalement plutôt bien aimé La Vallée aux Immortels, la BD a tout de même pas mal de défaut. D’abord, il y a la sale habitude de la nouvelle équipe scénaristique, emmenée par Yves Sente, de vouloir à tout prix intégrer le “blake-et-morti-verse” (à ne pas confondre avec le “rick-et-morty-verse”) dans notre monde. C’était déjà un problème dans Le Bâton de Plutarque et dans L’Onde Septimus.

Du coup, on a droit à une revisite de la scène finale du Secret de l’Espadon – la destruction de l’Empire Jaune par les Espadons – alors que, dans le même temps, Nationalistes et Communistes s’affrontent en Chine. Je n’irais pas jusqu’à dire que ça ne fait aucun sens, mais c’est sérieusement capillotracté.

Et puis le plan “il nous faut une nouvelle arme secrète pour défendre Hong Kong” alors que la Grande-Bretagne a une escadrille entière de l’avion de combat le plus avancé du monde, capable de frappes nucléaires, qui peut décoller depuis sous l’eau. Je veux dire, il faut quoi de plus?

Il y a aussi pléthore de trames narratives qui se croisent allégrement, et pas toujours avec bonheur. Fondamentalement, vu que La Vallée aux Immortels est annoncé comme le premier tome d’un diptyque, j’ai l’impression d’assister surtout à une énorme mise en place pour la suite, qui ne paraîtra pas avant novembre 2019. C’est très frustrant.

Cela dit, il faut avouer que, visuellement, cet album en jette. Le duo artistique Peter van Dongen / Teun Berserik reprend le style d’Edgar P. Jacobs avec brio et propose notamment des vues saisissantes de Hong Kong à la fin des années 1940. Après, il vaut mieux ne pas être trop sensible au style narratif “mur de texte” de ce genre de BD.

Au final, je crains qu’il ne faille attendre encore une année et la sortie du deuxième tome de La Vallée des Immortels pour pouvoir un avis définitif sur le diptyque. En l’état, ce premier tome n’est pas déplaisant, mais il manque singulièrement de mordant.

Ça reste cependant une excellente source d’inspiration pour les amateurs de pulp post-Deuxième Guerre mondiale et d’aventures scientifico-exotiques.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :