« Central Station », de Lavie Tidhar

Central Station, lieu éponyme du roman de l’écrivain israélien Lavie Tidhar, c’est un starport, la porte vers le reste de la Terre, le système solaire et les étoiles.

C’est aussi un des multiples points de contact entre les multiples cultures humaines, transhumaines, post-humaines et non-humaines de cet univers foisonnant.

Sans parler des dieux.

Pour vous faire une idée de cet univers, prenez The Expanse, ajoutez-y une grosse dose de transhumanisme, un monde numérique encore plus gigantesque, le tout parcouru de porosités pas toujours voulues.

Pour faire bonne mesure, regardez tout ça du point de vue du petit peuple de Central Station, entre Tel Aviv la juive et Jaffa l’arabe. Un peuple parcouru par ses liens familiaux, ses histoires troublées et sa foi. Enfin, ses fois.

Pour tout cela, Central Station est un bouquin très impressionnant. Il injecte une grosse dose de mysticisme dans une science-fiction bien barrée, ajoutant en plus un point de vue peu courant, celui d’un Proche-Orient complexe.

Complexe, car humain. Même les entités qui ne le sont pas, ou plus, ou pas tout-à-fait. Carmel, la vampire numérique; Motl le robotnik – un soldat presque mort, cybernétisé et obsolète – amoureux; R. Brother Patch-It, le prêtre-robot; Boris et sa prothèse extra-terrestre; ou Achimwene, le libraire né sans connexion au réseau.

Là où Central Station est moins impressionnant, c’est sur le plan de l’intrigue. On a plus l’impression de suivre une tranche de vie de ce quartier pas comme les autres. On suit ses habitants et visiteurs les plus remarquables, dont les destins sont forcément imbriqués, mais il n’y a pas vraiment de fil rouge narratif.

Au reste, la plupart des chapitres ont été publiés indépendamment. L’auteur le décrit plus comme un « cycle d’histoires » ou un roman-mosaïque.

Et, comme mentionné hier, c’est un livre qui s’accompagne bien du dernier album de Subterranean Masquerade, Mountain Fever.

Quoi qu’il en soit, Central Station – découvert via une chronique du blog De l’autre côté des livres – est un roman impressionnant. Il est humain dans son transhumanisme et propose un monde vu par le prisme de ses habitants. Je le recommande instamment.

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1 réflexion au sujet de « « Central Station », de Lavie Tidhar »

  1. J’avais découvert Lavie Tidhar à travers des anthologies de “SF du monde” et j’avais bien aimé, puis j’avais lu un roman (Osama), qui m’avait laissé assez peu enthousiaste. Là, ça me redonne envie d’aller y goûter.

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