« Cochrane vs Cthulhu », de Gilberto Villaroel

Énième épisode de la série « je n’aime pas Cthulhu mais… », me voici à chroniquer un roman qui parle encore de la plus grosse salade de poulpe du monde. Dans le cas présent, il s’agit du savoureux Cochrane vs Cthulhu, de l’auteur chilien Gilberto Villaroel.

La particularité de ce roman, plus pulp que poulpe, c’est qu’il se déroule à Fort Boyard. Enfin, pas celui de l’émission télé, ni même le bâtiment historique, terminé en 1857, mais d’une version imaginée par l’auteur, construite en grand secret par l’autre Napoléon en 1815.

Gilberto Villaroel met ici en scène un personnage mal connu sous ces latitudes, mais qui est un réel héros dans son Chili natal: Lord Thomas Cochrane, dixième comte de Dundonald. Je ne m’étendrai pas sur sa biographie, qui est assez hallucinante, sinon pour dire que le personnage historique a inspiré Horatio Hornblower et Jack Aubrey, du film Master and Commander (et aussi Honor Harrington, par rebond).

Dans Cochrane vs Cthulhu, il revient sur les lieux d’un de ses exploits passés, la bataille de l’île d’Aix, où il manque de réduire en cendres toute la flotte française, à lui tout seul ou presque. Fort Boyard n’est pas très loin, mais en sus de son utilisation militaire, il a également un autre rôle, qui va vite apparaître évident.

Au cours de ce roman, Lord Cochrane va se retrouver, plus ou moins contre son gré, impliqué dans une affaire qui implique les frères Champollion, des légionnaires romains, des créatures venus du fond de l’océan et le gros machin titulaire (le deuxième). Forcé de faire alliance avec ses ennemis, il va affronter la plus grande menace de l’humanité, à coups de vapeur et de poudre noire.

Je n’ai jamais caché le désamour profond que j’ai pour Lovecraft et ses histoires de Dieux Indicibles. Mais en fait, j’aime bien ce genre de pastiches, avec des héros indomptables qui renvoient les créatures d’outre-espace dans leurs dimensions d’origine à coupe de bombes improvisées ou de mitrailleuse d’aviation. Mon côté rôliste, sans doute.

Du coup, j’ai bien aimé cette lecture de Cochrane vs Cthulhu. Il y a un côté suranné assumé dans ces aventures napoléoniennes (qui se déroulent pendant ce qu’on appela plus tard les Cent Jours), mais il y aussi ce côté pulp qui, je trouve, manque au matériau d’origine. Le côté, « OK, c’est un dieu, mais on va quand même lui talquer la gueule, namého ».

Les notes historiques (et autres) de l’auteur en fin de roman sont également une bonne idée. Elles remettent le personnage titulaire (le premier, s’entend) dans leur contexte et donnent, au passage, un aperçu sur l’histoire du Chili.

Après, ce Cochrane vs Cthulhu – découvert via une chronique de Gromovar – n’est pas sans défaut. Comme le fait remarquer ce dernier, il y a beaucoup de répétitions, qui me font penser que le texte a peut-être été publié initialement comme un feuilleton.

Il y a aussi pas mal de coquilles, plus que je trouverais acceptable dans un roman lambda. On n’est pas au niveau de Rivière blanche ou des Saisons de l’Étrange, mais il y en a quand même beaucoup.

Mais l’un dans l’autre, Cochrane vs Cthulhu est une lecture plutôt agréable. On est dans le domaine de l’aventure pulp, avec des héros très masculins et à la mâchoire très carrée, mais ça passe plutôt bien.

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