Disenchantment

Disenchantment

Une princesse, un elfe et un démon entrent dans un bar. Oui, je sais: je vous ai déjà fait la blague un certain nombre de fois, mais, dans le cas de Disenchantment, c’est à peu près littéralement le début de cette série animée signée Matt Groening. À vrai dire, c’est le titre du premier épisode.

Pour les deux du fonds – toujours les mêmes – qui l’ignoreraient, Matt Groening, c’est le créateur des Simpsons. Sauf qu’ici, au lieu de s’attaquer au mythe de la famille américaine, c’est avec le médiéval fantastique et à ses stéréotypes qu’il va régler ses comptes.

On a donc Tiabeanie – Bean pour un peu tout le monde – princesse du royaume de Dreamland qui, au début, n’a qu’une préoccupation: échapper à son futur mariage. L’intervention d’Elfo, un elfe qui a décidé de quitter son village pour découvrir la tristesse et la misère, et Lucy, un démon que tout le monde prend pour un chat chelou qui parle, va vite faire tourner la cérémonie au barnum de compétition. Et ça, c’est juste le premier épisode.

Et, bien entendu, le roi est un ronchon despotique et peu compétent, il s’est remarié pour des raisons de pure politique avec une créature serpentine, la garde royale est une bande de bras cassés, le sénéchal et le mage du château sont en couple et il y a des lutins alcoolos et des fées qui tapinent. Normal.

Disenchantment est une série plutôt courte: dix épisodes d’environ vingt-cinq minutes la pièce. C’est plutôt une bonne chose: l’humour décalé “à la Groening” fonctionne mieux sur les formats courts, à mon avis – encore que j’avais nettement préféré le film des Simpsons à la série.

Dans le cas présent, on a droit donc à une série d’épisodes en apparence décousus, mais qui assez rapidement forment un tout assez homogène autour d’une trame principale. Laquelle trame est plutôt intéressante, mine de rien.

Alors oui, Disenchantment a de faux airs de Simpsons med-fan – à commencer par l’apparence des personnages, même si on évite cette fois-ci le jaune criard. Mais c’est une histoire plus maîtrisée. Ce n’est pas toujours très réussi – j’ai trouvé que la série peinait à trouver son rythme – mais l’humour tape souvent juste et les personnages sont plutôt bien développés sous leur apparence de stéréotypes.

(Par contre, je ne sais pas si Matt Groening savait qu’il y avait déjà eu un roi Zog dans l’Histoire.)

Personnellement, j’ai bien aimé Disenchantment – peut-être surtout à cause de la musique de générique en style klezmer, qui est parfaitement raccord avec le style de la série. Les amateurs de D&D à l’ancienne-mais-pas-trop-sérieux pourront y trouver une mine d’inspirations.

Bonus: bande-annonce

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9 commentaires sur “Disenchantment”

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