Dreadnought: A Wake in Sacred Waves

Dreadnought: A Wake in Sacred Waves

En général, quand on parle de dreadnought, on imagine un vieux navire de guerre, un gros tas de métal obsolète. Eh bien Dreadnought, c’est un peu ça: un mélange improbable entre du black metal et du prog-folk vintage. Vous ne me croyez pas? Écoutez donc ce A Wake in Sacred Wavesdécouvert via Angry Metal Guy.

Formation américaine dont il s’agit ici du troisième album, Dreadnought mélange de façon improbable un rock progressif éthéré et vintage à voix féminines, à grands renforts d’orgue Hammond, parfois éclairé par une flûte traversière et un saxophone, et des sonorités black-metal avec les croassements caractéristiques. Ça surprend.

A Wake in Sacred Waves affiche un format très prog: quatre pistes, dont la plus courte dure dix minutes alors que la plus longue affiche plus de dix-sept minutes à la tare. Au total, l’album dure cinquante minutes bien tassées. Ah oui, c’est aussi un concept-album qui parle d’une forme de civilisation née dans les grandes profondeurs océaniques.

Alors autant dire que le mélange des genres est surprenant. Difficile de faire plus extrême que d’accoler à une ambiance prog-baba onirique les grosses guitares et les feulements sataniques. Oui, bon: à part si on s’appelle Zeal & Ardor. Pourtant, la sauce prend plutôt bien.

Cela dit, je rassure les amateurs de rock progressif, c’est surtout ce genre qui domine. Ce qui est plutôt une bonne chose – encore qu’on a déjà entendu un groupe comme Enslaved faire le contraire. Mais mieux vaut être prévenu.

Dreadnought est un de ces groupes qui prend une idée improbable et qui se lance dedans avec un enthousiasme qui le dispute à la compétence. Les musiciens sont des grands malades qui sont capables de maîtriser ce genre de grand écart avec brio. Mention spécial pour le duo vocal Kelly Schilling (qui fait aussi les growls) / Lauren Vieira.

Jouer sur des compositions sous forme longue leur permet de poser des ambiances et des tableaux, de mettre en place des montées en puissance hypnotiques et des ambiances mystiques. Dreadnought se revendique de la scène pagan et, quelque part, j’y vois un trait d’union entre les hippies d’alors et la scène pagan-folk/metal d’aujourd’hui.

Je dirais que son seul défaut est peut-être d’avoir une production un peu trop “style genre”, qui joue sur les sonorités seventies, mais c’est mineur.

A Wake in Sacred Waves est un album exigeant, mais qui devrait intéresser tous les amateurs de rock progressif qui sort vraiment des sentiers battus. Ou des voies de navigation, c’est selon. L’album est disponible sur Bandcamp et je vous conseille instamment de lui prêter au moins une écoute.

Bonus: le live trailer de “Within Chanting Waters”; si vous n’avez jamais vu un musicien jouer simultanément de la batterie et du saxophone, c’est le moment!

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