Igorrr: Savage Sinusoid

Igorrr: Savage Sinusoid

Parfois, j’achète des albums sans trop savoir pourquoi. Dans le cas de Igorrr et de Savage Sinusoid, j’avais déjà entendu le nom, en rapport avec Corpo-Mente et la galaxie de groupes aux intitulés délirants autour de ce projet. Je pensais que ça allait être barré, mais j’ignorais à quel point.

Parce que, voyez-vous, Igorrr – oui, avec trois R – est un projet autour de Gautier Serre qui fait dans le metal avant-gardiste déjanté. Et, quand je dis « déjanté », je n’entends pas « vaguement prog », mais bien « complètement à la masse ». Savage Sinusoid est un album qui mélange beaucoup de style. Comme dans « trop »: metal, électro, hurlements sauvages, bal-musette ou klezmer, chant lyrique et j’en passe.

Évidemment, les mélanges se font à l’intérieur même des compositions, qui peuvent passer de « Johnny Halliday bourré chante du punk lent » à « bitpop 8-bit » en l’espace de deux minutes, sinon c’est trop facile (cf. « ieuD »). On a également des morceaux en apparence plus calmes – ou, à tout le moins, plus unifiés, comme « Spaghetti Forever » ou « Cheval » – qui, du coup, font tache dans l’ensemble.

Onze pistes en moins de trente-cinq minutes, c’est une forme de record. Honnêtement, Savage Sinusoid est un album de cinglé, composé et réalisé par des cinglés et destiné à un public de cinglés. J’aimerais bien prétendre que c’est trop cinglé pour moi, mais force m’est de constater que, comme je trouve cet album plutôt sympa, je dois être un chouïa secoué du bocal. Ah, vous aviez remarqué?

Bon, je n’en ferai pas mon CD de chevet – encore que, pour réveiller le matin, les trois hurlements de dément en intro de « Viande », ça doit être efficace – mais je ne peux pas m’empêcher de former un lien avec lui. Une forme de syndrome de Stockholm, sans doute.

En conclusion, je ne recommanderais Savage Sinusoid qu’aux auditeurs les plus solides – ou les plus déjantés, c’est selon. C’est un mélange improbable, un smorgasbord musical de combat qui secoue le cerveau de l’intérieur. Les plus intrépides d’entre vous peuvent l’écouter sur Bandcamp.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

%d blogueurs aiment cette page :