“Kappa 16”, de Neil Jomunsi

Enoch est un Kappa 16, un androïde de compagnie. Oh, pas de la dernière génération, c’est bien trop cher pour Tomas et Claire, le couple qui en fait l’acquisition pour les aider dans leur vie de tous les jours. Il faut dire qu’avoir un enfant autiste, ce n’est pas facile.

Dans le Ring, le métro qui fait le tour de Berlin, Enoch se remémore les derniers mois passés en leur compagnie et, surtout, le drame qui l’a fait s’enfuir, contre tout ce que sa programmation imposait.

Court roman de Neil Jomunsi, Kappa 16 parle de l’intelligence artificielle, des limites parfois floues entre cette dernière et l’intelligence humaine sous le deux angles. D’abord, et ça peut surprendre, celui du shinto.

Le shinto, religion animiste japonaise, a la particularité de répondre à la question “objets inanimés, avez-vous donc une âme?” Question que, au passage, je m’étais également posée il y a peu. Encore qu’un androïde autonome peut difficilement être qualifié d’objet inanimé.

Ensuite, le regard de l’androïde lui-même. On a l’impression que l’histoire est vécue par ce dernier sous la forme d’une méditation. L’intelligence d’Enoch est un mélange entre des algorithmes, des connaissances encyclopédiques et la somme des expériences des autres androïdes.

En tant qu’intelligence artificielle, il a aussi un regard qui analyse les faits, même les plus pathétiques et les plus sordides, avec objectivité et, si ses réponses empathiques sont elles aussi des simulations, on perçoit néanmoins une forme de compréhension dans ses réactions.

Comme j’aime bien ce qu’écrit Neil Jomunsi – que ce soit en fiction ou en réflexion sur le domaine de l’écriture et de l’auto-édition – ça faisait un moment que je me promettais d’acquérir ce texte. Là encore, je n’ai pas été déçu: Kappa 16 apporte une vision originale, philosophique, mais aussi très pragmatique de l’intelligence artificielle.

J’en ai eu l’occasion via l’opération “Space Aliens Support the Strike”, ce qui m’a permis de le récupérer à prix libre avec une palanquée d’autres textes. Si vous souhaitez l’acquérir de façon plus conventionnelle, il est aussi disponible via le Studio Walrus ou sur la plupart des libraires en ligne – et même en version papier.


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Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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