La blogueuse et l’éditeur (fable médiatique)

Je vous avais dit précédemment que la surmédiatisation, c’était Mal. Pas toujours, comme en témoigne l’histoire édifiante rapportée par le blog La culture se partage, une histoire qui pourrait ressembler à un conte moral (ou pas).

Il était une fois une blogueuse. La blogueuse aimait les livres. Elle en lisait beaucoup et, n’étant pas une Journaliste Professionnelle™, elle payait pour ses livres. Et, étant une blogueuse, elle parlait des livres qu’elle lisait sur son blog.

Un beau jour, elle lut un livre qui lui déplut et elle l’écrivit. Arriva alors un Éditeur, qui chouina tant et si bien que l’hébergeur de la blogueuse l’obligea à retirer la chronique ainsi incriminée. Moralité: aucune.

C’est très con. Parce que les blogueurs, ça a tendance à se serrer les coudes et à ne pas aimer du tout la censure. Et Internet, ce n’est pas non plus la même chose que les médias traditionnels: on n’arrête pas la diffusion de l’information comme ça. Je vous avais déjà parlé de l’effet Streisand, le voici en plein action.

Ce qui est doublement très con, c’est que, s’il s’agit bien de la plateforme d’auto-édition à laquelle je pense, leurs récriminations ne tiennent juste pas debout, puisque la blogueuse n’a critiqué que le contenu de l’ouvrage, contenu sur lequel ladite plateforme n’intervient jamais.

Amis auteurs et éditeurs, je conçois très bien que les mauvaises critiques agacent. Mais dites-vous bien que, d’une part, c’est souvent le seul moyen qu’ont vos lecteurs pour vous faire remonter des retours et, du coup, l’occasion pour vous de vous améliorer et, d’autre part, qu’une mauvaise critique est sans doute préférable à pas de critique du tout.

Et, tiens, le bouquin en question a disparu du site de l’éditeur. Étonnant, non?

(Image par MrEnjoy via Flickr sous licence Creative Commons.)

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20 réflexions au sujet de “La blogueuse et l’éditeur (fable médiatique)”

  1. On en vient à se demander s’il ne faut pas mieux se taire sur les mauvais bouquins et ne chroniquer que les bons. Mais le résultat ne serait pas meilleur à mon avis…

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    • Personnellement, il m’est arrivé une fois de ne pas vouloir chroniquer directement un bouquin que j’avais trouvé mauvais. J’avais fait une chronique “ce que je n’aime pas dans la SF” sans citer le titre ni l’auteur.

      En général, j’essaye toujours de trouver quelque chose de positif à dire, même si c’est parfois (rarement, heureusement) difficile.

      Cela dit, je persiste à penser que le pire qu’on puisse faire à un bouquin, c’est de ne pas en parler.

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  2. Encore un exemple que les éditeurs et autres entreprises liées au secteur culturel considèrent trop souvent le monde numérique comme un ennemi. La télé c’est facile, on paye et on y figure en bien, on ne paye pas et on n’y figure pas. Internet c’est moins contrôlable, ça pousse de partout en bien et en mal.
    Mais en soignant les contenus et en acceptant le dialogue, les maisons d’édition pourraient facilement se créer de nombreux alliés ici bas. Il va falloir apprendre. 🙂

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    • Surtout que “l’éditeur” en question – TheBookEdition, si c’est bien d’eux qu’il s’agit – n’en est pas vraiment un. C’est une plateforme de publication.

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    • En effet, mais visiblement, cette affaire est arrivée à un moment où elle avait d’autres soucis que d’envoyer péter les gonadoclastes.

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  3. Effectivement les blogueurs(euses) n’aiment pas la censure.

    Aujourd’hui encore j’en suis la victime. J’ai été poursuivi par des agences de création de sites Web dans le 59 (Nord) : Ekinoxe Origin puis Cometik (via Vivaldi-Avocats-Lille.com).

    La deuxième m’a même menacé de faire saisir mes biens par huissiers avec ouverture forcé de mon domicile, et en tout cas, je suis encore contraint à l’INTERDICTION d’informer la population sur sa méthode de vente si je cite le nom de cette multi-nationale lilloise. https://duckduckgo.com/?q=cometik%20publication%20judiciaire%20 Le slogan marketing de cette entreprise ? « Communication et et éthique »

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  4. J’ai oublié de préciser quelquechose dans mon commentaire ( https://erdorin.org/index.php/la-blogueuse-et-lediteur-fable-mediatique/comment-page-1/#comment-12598 ).

    Étant clairement la cible de poursuite-bâillon, j’ai sciemment fait du référencement en direction des publications judiciaires obtenue par l’agence Internet de la Rue d’Angleterre, au lieu de tenter de les cacher ou de détourner l’attention.

    Résultat aujourd’hui : l’une des deux publications apparaît dans Google sur le nom de la société ! https://encrypted.google.com/search?q=Cometik (Ce que VOUS voyez peut varier en fonction de votre paramétrage, historique de navigation…)

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  5. Je viens de lire sur Quenouille, le blog d’Eric Nieudan, un droit de réponse de TheBookEdition, qui nie formellement avoir demandé la censure du blog.

    Ce qui, d’une part, pose la question de savoir qui a demandé la censure du blog et, d’autre part, pourquoi Overblog, qui semble plutôt avoir une politique à ses blogueurs, a fait suivre.

    Cette histoire devient bizarre.

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