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"La Sorcellerie est un sport de combat", de Lizzie Crowdagger

« La Sorcellerie est un sport de combat », de Lizzie Crowdagger

Il faut dire ce qui est: La Sorcellerie est un sport de combat, dernier roman de Lizzie Crowdagger, annonce direct la couleur. Surtout quand l’accroche pose “les tribulations de lesbiennes hooligans face à un sorcier nazi”. En même temps, si comme moi vous avez déjà lu La Chair et le sang, vous ne devriez pas être surpris.

Posons tout de suite les choses: j’ai pu lire ce roman en avant-première, puisqu’il ne sort officiellement qu’en mars (1er mars en numérique, un peu plus tard pour la version papier). C’est donc du bon gros service-presse des familles. Du coup, vous avez le droit de ne pas me croire si je vous dit que j’ai beaucoup aimé.

Le monde de La Sorcellerie est un sport de combat est sensiblement le même que celui de La Chair et le sang: un monde contemporain, mais dans lequel magie et créatures surnaturelles existent – et coexistent avec les paquets de chips, les plateaux de Scrabble et la programmation orientée objet. Et les pointeurs laser.

Les personnages ne sont pas les mêmes, mais on va retrouver un peu le même schéma: des femmes, lesbiennes et/ou trans, parfois (mais pas toujours) avec un lien vers le surnaturel, clairement marquées à gauche antifasciste, avec une certaine propension à la badassitude. Le tout dans un contexte où le bizarre, le banal et le geek se mélangent à parts variables.

Et, donc, tout ce petit monde va se retrouver à affronter un sorcier nazi revenu de l’Enfer. Littéralement, donc. Oui, ça peut vivre longtemps, les sorciers.

Donc, j’ai beaucoup aimé. Du coup, je vais commencer par les trucs que je n’ai pas trop aimé. Je dirais que La Sorcellerie est un sport de combat a un problème de rythme: il n’avance pas très vite dans l’intrigue principale et se perd parfois dans des détails de la vie quotidienne.

Je suppose que c’est en partie dû à la pléthore de personnages principaux: en comptant les antagonistes, on doit facilement arriver à une douzaine de personnes. Du coup, ça digresse facilement. Pour reprendre une métaphore rôliste, on a l’impression que toutes les joueuses veulent faire des apartés avec la meneuse de jeu et faire avancer leur propre histoire.

Pour le reste, c’est du bon, voire du très bon. L’écriture, surtout, est un régal, avec des dialogues qui claquent bien, des situations décalées bien comme il faut, des grands moments de geekitude assumée. C’est très drôle.

L’intrigue (principale) est sympa; je m’attendais à plus de politique, mais ça passe quand même. Surtout, on sent que l’univers, s’il n’est pas turbo-original, est bien pensé. Les mécaniques qui font “fonctionner” la magie et, plus généralement, le surnaturel, sont solides et amènent leur lot de surprises.

Avec La Sorcellerie est un sport de combat, Lizzie Crowdagger continue ses histoires d’urban fantasy version punk, avec des héroïnes attachantes et décalées. Ça estropie assez peu de palmipèdes trijambistes, mais ça bouge pas mal, c’est plutôt intelligent et c’est marrant.

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