"La Chair et le Sang (saison 1)", de Lizzie Crowdagger

“La Chair et le Sang (saison 1)”, de Lizzie Crowdagger

Dans le monde de La Chair et le Sang, série de Lizzie Crowdagger, les créatures surnaturelles existent et Jessica, simple humaine, est une sorcière ratée qui vivote de petits boulots, notamment assurer la sécurité de sa copine vampire Carmen.

J’imagine que la plupart de personnes qui lisent ce blog sont, sinon rôlistes, du moins avec une connaissance parcellaire du jeu de rôle. Imaginez donc une partie se déroulant dans la France du Monde des Ténèbres, avec donc des vampires, des loups-garous, de la magie, mais pas de Mascarade et donc tout ce petit monde surnaturel vivant au grand jour (sauf les vampires, qui préfèrent la nuit).

Et imaginez que cette partie soit joué par des joueuses bourrines et une meneuse de jeu à qui ça ne fait pas vraiment peur. Donc, avec une louve-garou skinhead et syndicaliste, deux vampires qui tiennent un salon de thé (aromatisé au sang), une troisième vampire ex-mercenaire et tueuse à gages, une policière de la Brigade surnaturelle aux méthodes expéditives, et enfin une sorcière ratée avec plein de Sombres Secrets et un penchant pour le BDSM.

On a tous eu des tables de ce genre.

Eh bien La Chair et le Sang – cinq épisodes de novellas qui forment une “première saison” qui, hélas, ne me semblent pas encore avoir de suite – c’est un peu le compte-rendu de cette partie. Les héroïnes, toutes plus ou moins queers, ont tendance à traiter les problèmes à la valaisanne (pas subtil, donc) et ça leur retombe régulièrement sur le pif avec pertes et fracas.

Évidemment, comme on est dans un Monde-des-Ténèbres-oïde, il y a plein de grenouillages politiques. Et la fine équipe met régulièrement les pieds dans le plats. Et dans la gueule, aussi. Je ne vous parle même pas de la vieille sorcière aveugle-mais-pas-trop.

Honnêtement, je suis un peu rentré dans cette histoire à reculons, d’abord parce que je suis TRÈS LOIN d’être un fan du Monde des Ténèbres et des bestioles y attenantes. Ensuite parce qu’un texte labélisé “romance paranormale” éveille en moi des craintes twilightesques.

Et enfin parce que je me méfie un peu de mes hormones vis-à-vis des filles qui se font des Choses. Oui, je sais, j’en écris aussi, techniquement, mais c’est peut-être pour ça que je me méfie.

En fait, j’ai beaucoup ri. C’est écrit de façon très enlevée, narré par Jessica qui a souvent tendance à faire des digressions amusantes et à voir les choses de façon très particulière. Et puis les personnages sont juste grandioses.

Il y a également un côté punk-anar-gauchiste qui est assez réjouissant, surtout avec le côté “grande bourgeoisie surnaturelle” en contrepoint. Mention spéciale au titre de l’épisode 5, “Plus haut que Carrero”.

Ce n’est pas non plus de la grande littérature, hein. Il y a un côté “quai de gare” bien assumé, mais ça se lit très bien. Le plus gros défaut, c’est que cette saison 1 reste pour le moment orpheline – même si Lizzie Crowdagger a écrit d’autres histoires dans cet univers.

Donc, moi j’aime bien. C’est vraiment fun à lire et il y a suffisamment de trucs qui explosent et de soutifs qui volent pour que ça maintiennent mon intérêt, malgré les casse-gonades à longue canine. Le premier épisode est disponible gratos sur le site et toute la série est à prix libre en version électronique.

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