« Le Faisceau chromatique », de Roland C. Wagner

Histoire de me faire une culture, j’ai décidé de lire l’Intégrale raisonnée de Roland C. Wagner, parue chez les Moutons Électriques et qui inclut Le Faisceau chromatique, une histoire de mondes parallèles.

Je vous passe sur les difficultés que j’ai eues pour obtenir les trois tomes de cette Intégrale raisonnée. Merci au passage à ceux qui m’ont permis de trouver le premier tome, épuisé depuis un moment. Par contre, le changement de format – même léger – pour le troisième tome, ça m’a un peu agacé.

Je ne vais pas non plus m’attarder sur les deux premiers, qui incluent un certain nombre d’ouvrages qui tournent autour de la notion de « psychosphère » et qui servent de tremplin à son autre œuvre majeure, Les Futurs mystères de Paris.

Parmi eux, Le Serpent d’angoisse et ses suites; je n’en dirai pas plus, sinon que ça faisant vraiment bizarre de les lire en temps de pandémie et avec, en toile de fond, une élection présidentielle américaine qui risquait de finir en guerre civile (et qui, techniquement, le risque toujours au moment où j’écris ces lignes).

Le Faisceau chromatique, c’est un long roman et un recueil d’histoires, parues à l’origine dans la collection Fleuve Noir Anticipation, sous la forme de trois tomes. Le recueil d’histoires, intitulé Chroniques du désespoir, n’y est d’ailleurs raccordé que thématiquement.

Les deux premières histoires, Un ange s’est pendu et L’Autoroute de l’aube, racontent les mésaventures d’un groupe d’amis qui, au retour d’une soirée bien arrosée, prennent en quelque sorte le mauvais chemin. Ils se retrouvent dans le Faisceau chromatique titulaire, l’ensemble des mondes parallèles.

Et, surtout, on s’aperçoit assez vite qu’ils sont prisonniers d’un jeu, semblable au Go, auquel se livrent deux entités. L’un ressemble à l’archétype du Juif errant, l’autre à un vampire incarné par Bela Lugosi. Ah, j’oubliais: il y a aussi un chien jaune qui parle, qui fait l’arbitre.

Et, pour ne rien arranger, tous les univers sont menacés par les Livides, des créatures humanoïdes qui bouffent tout ce qui est organique, voire plus si affinités, et qui se répandent à vitesse grand V à travers les portes entre ces univers.

Si ce résumé vous paraît bordélique et décousu… ben c’est parce que c’est un peu bordélique et décousu. Pour être plus précis, j’ai l’impression, en lisant ces textes, que Roland C. Wagner avait l’intention de développer plus avant le Faisceau chromatique.

Ça ne s’est pas fait et, au final, les deux romans qui composent la trame principale de l’histoire se concluent un peu à la va-vite et en laissant plein de trous dans le scénario. Notamment la disparition d’un des personnages principaux au milieu du truc, sans explication.

Je suis du coup un peu déçu par la lecture de ces textes de Roland C. Wagner. J’ai l’impression de m’être un peu auto-moubourré et, au final, je tombe sur romans qui ne m’auraient probablement même pas intéressés si je les avais lus à l’époque.

Le Faisceau chromatique n’est pas inintéressant, mais il a un côté très « œuvre de jeunesse » – ce qui est d’ailleurs le cas. Chroniques du désespoir est presque plus convaincant, avec sa mise en abîme: un monde parallèle qui découvre d’autres mondes parallèles, en plus d’une réflexion amusante sur la religion.

J’attends de voir ce que vont donner les Futurs Mystères de Paris, que j’ai mis dans ma liste au Père Noël, mais je reste un peu sur ma faim avec ces trois tomes de l’Intégrale raisonnée de Roland C. Wagner. Par contre, j’en recommande la lecture aux rôlistes et, notamment, aux fans de Nobilis, qui pourraient y trouver une inspiration pour le Frêne universel.

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2 réflexions au sujet de “« Le Faisceau chromatique », de Roland C. Wagner”

  1. Salut oui c’est vrai. Tous ça est un peu bordélique. C’est sûrement dû à la jeunesse et à la weed. Les futurs mystère de Paris sont plus structurés. Sinon je te recommande surtout Rêve de Gloire qui est Le grand livre de RCW.

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