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« Le Masque et la Poudre », intégrale, d’Hubert Vittoz

« Le Masque et la Poudre », intégrale, d’Hubert Vittoz

Balthazar Falc est La Balle. Enfin, « était » serait plus juste. Le héros qui a autrefois sauvé la Soufrière, sa cité natale, vit depuis une retraite morne. Dans Le Masque et la Poudre, tétralogie signée Hubert Vittoz, il va néanmoins avoir l’occasion de remettre le pied à l’étrier. Qu’il le veuille ou non.

Cette « intégrale » fait partie de la razzia que j’ai faite il y a peu aux Éditions du 38 (même si je ne retrouve pas l’ouvrage à leur catalogue), qui a récupéré une bonne partie des ouvrages autrefois publiés par Walrus. J’avoue que je pensais avoir affaire à une série feuilletonnante, à l’image de Jason et Robur ou des Aventures de Lady Bradsley, pas à une saga de plus de mille pages!

J’avoue aussi que j’ai failli lâcher la grappe au début. Pas tant à cause de la longueur, mais plutôt parce que l’attitude du protagoniste m’agaçait prodigieusement. En effet, le sieur Balthazar passe le plus clair des premiers chapitres à se faire porter par ses compagnons de voyage excédés. Et, à vrai dire, je les comprends un peu, au vu de la loque qu’était devenu l’ancien héros.

Ça s’améliore par la suite, mais le premier livre de la série a franchement été pour moi le plus difficile à lire. Hormis cette attitude ultra-passive, la narration finit par s’éparpiller en plusieurs flux, potentiellement contradictoires (mais pas forcément).

Heureusement, Le Masque et la Poudre possède quelques solides atouts, à commencer par une plume redoutable et un monde remarquablement prenant. Certes, c’est de la fantasy (un peu steampunk), et qui plus est dans une univers qui repose sur le cliché des cités-peuples-stéréotypes. Mais la construction et l’articulation de ces cités fonctionne plutôt bien.

Regroupées en une « Fédération », on a donc La Soufrière, ville industrieuse et industrielle; la Cité des Masques, où tout est en trompe-l’œil; la Faux et ses moines-guerriers; Horizon, la cité aux mille sectes; et Radiance, ville de marchands et de chevaliers. Ah, et l’Île-Écume, ses poisons et ses créatures grotesques. Je vous laisse deviner qui est l’antagoniste dans cette histoire.

Les quatre livres de la série sont centrés sur une des cités de cette Fédération, dont on découvre au fil des pages qu’elle est sapée par les manigances de l’Île-Écume. Balthazar va finir par reprendre du poil de la bête, s’entourer d’autres héros et héroïnes des diverses cités traversées et, ensemble, briser l’attaque de l’Île-Écume. Peut-être.

J’ai cité, parmi les points forts du Masque et la Poudre, l’écriture et le contexte. J’ajouterais que ce dernier est remarquablement bien exploité et, s’il s’agit d’un monde où la magie est étonnamment discrète, elle n’en est pas moins réelle, mais d’une façon très naturelle. C’est un traitement assez élégant que j’ai beaucoup apprécié.

Cela dit, l’écriture a beau être élégante, elle se fait parfois absconse. Ce qui peut faire sens dans un univers où les faux-semblants abondent, mais qui est un peu difficile à suivre. C’est surtout le cas dans le troisième livre.

J’aurais aussi tendance à penser qu’il manque à cette série un vrai protagoniste. Il y a certes Maximus et Minimus, les deux Écumeurs du deuxième livre, mais c’est un peu tout. Les motivations de l’Île-Écume sont aussi assez nébuleuse, en dehors de « méchants parce que ».

Tout ceci reste, sinon mineur, du moins pas suffisant pour que je ne recommande pas la lecture du Masque et la Poudre. C’est une bonne série de fantasy française.

D’autres avis chez Colcoriane, Sueurs froides (tome 1), La Pile à lire.

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2 commentaires sur “« Le Masque et la Poudre », intégrale, d’Hubert Vittoz”

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