Le Voyage de Noz: Le début – La fin – Le début

Le Voyage de Noz: Le début – La fin – Le début

J’avais quelque peu raté la sortie du dernier album du Voyage de Noz, intitulé Le début – La fin – Le début. Je me suis rattrapé après les avoir vus en concert; j’avais beau savoir à quoi m’attendre, ce n’est pas sans une certaine appréhension que je me suis attaqué à ce disque.

Le Voyage de Noz, c’est un groupe de rock français; ce n’est pas vraiment du rock progressif, encore qu’on pourrait lui trouver des inspirations prog dans sa démarche – ses albums sont souvent des concept-albums – et dans ses textes.

C’est surtout un groupe que je connais depuis plus de trente ans. Je les ai découverts lors de mon passage – fort peu académique – à l’EPFL (ou plutôt, à Satellite) et j’ai toujours eu un attrait particulier pour leur musique et la poésie surréaliste et queer-avant-l’heure de leurs textes.

J’ai aussi parfois été déçu. Pour paraphraser Pierre Desproges, on ne peut être déçu que par ce qu’on aime vraiment beaucoup. Je vais être honnête: c’est un album qui m’a déçu.

Le début – La fin – Le début comporte dix pistes et dure quarante-huit minutes. Autant dire qu’on reste dans les standards: seuls deux morceaux approchent les huit minutes – et encore, il y en a un qui triche! On y retrouve un peu tout ce qui fait la « marque de fabrique » du Voyage de Noz, sur un thème qui me tient à cœur: changer le monde.

L’histoire est celle d’un groupe d’amis qui, sous le nom de code « End of the Story » (dont le logo est sur la pochette), veulent déclencher une révolution. Peut-être plus par effet de mode que par réel envie de changer les choses, moitié nihilistes, moitié hipsters (nihilpsters?). Enfin, c’est comme cela que je l’interprète.

Ce qui est intéressant, c’est que le thème de la révolte a souvent été présent dans les compositions du groupe. Mais, avec les années, une certaine forme de désenchantement pointe. Comme les musiciens, les révolutionnaires ont vieilli – derrière leur Mac 48″ et leur couverture de publicitaire, pour reprendre un des couplets de “Badgad Disco Club”.

Seulement, si on y retrouve tous ces éléments familiers, ils me semblent dilués dans un fond de rock classique – trop classique, peut-être. C’est peut-être musicalement que je suis le plus déçu; il y a pas mal de titres qui sont « sauvés » par des textes puissants.

Alors, entendons-nous bien: je ne dis pas que cet un mauvais album, ni même un album raté. C’est juste que je le trouve trop classique, peut-être trop sage, en fait. Je n’y retrouve que des traces du grain de folie nozien que j’ai toujours adoré.

Restent de belles compositions, notamment “End of the Story”, “Memento Mori”, “Juste avant la Fin du Monde” et le spectaculaire “Bagdad Disco Club” – le meilleur morceau de l’album, à mon avis. Et puis le groupe reste au taquet, avec un Stéphane Pétrier impérial.

Depuis le temps, vous me connaissez: je n’aime pas dire du mal d’un album, surtout venant d’un groupe que j’aime beaucoup. Mais, dans le cas présent, Le début – La fin – Le début n’est pas mon album préféré du Voyage de Noz. Le groupe reste par contre parmi mes formations préférées, ne serait-ce que pour sa capacité à pondre des textes évocateurs à grand spectacle – le “selfie avec le Che dans un Disney Store” m’a tué!

Bonus: la vidéo de “End of the Story”



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Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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