« L’homme qui traversa la Terre », de Robert Darvel

"L'homme qui traversa la Terre", de Robert Darvel

L’invention de Louis Zèdre-Rouge, un rayon qui permet de voyager à travers la matière solide, aurait pu lui assurer gloire et fortune, mais l’accident qui a causé la mort de sa bien-aimée Emerance, fille du magnat de Funcal, a signé sa perte. Mais était-ce vraiment un accident? C’est ce que vous saurez en lisant L’homme qui traversa la Terre, de Robert Darvel!

Si vous connaissez vos classiques, vous aurez reconnu derrière l’auteur de ce roman le fondateur du Carnoplaste, éditeur de fascicules d’aventures « à l’ancienne », mettant notamment en scène Harry Dickson. Il renoue ici avec son goût pour le roman d’aventures façon « début XXe siècle », mêlant super-science, sombres machinations, vengeance et justice.

N’ayons pas peur des mots: L’homme qui traversa la Terre est un pastiche, un exercice de style sur le thème du merveilleux scientifique. En tant que tel, il est très bien: l’auteur sait s’approprier le style fleuri, parfois ampoulé, mais très évocateur, du genre. À une différence près: il se permet des descriptions parfois osées qui, à mon avis, n’auraient jamais passé la rampe (ah! ah!) à l’époque. Pas dans une publication respectable, en tout cas.

Je vais être honnête: si j’ai plutôt bien aimé ce bouquin, je l’ai trouvé distrayant, mais sans beaucoup plus. Quelque part, le format « vrai bouquin à la maquette soignée » – certes très réussi, par le Moutons électriques – n’est pas le plus adapté à ce genre d’exercice. C’est bête à dire, mais avec un format aussi sérieux, je m’attendais à quelque chose de plus « solide ».

Je lui ai également trouvé un problème de rythme; c’est rare que je dise cela, mais il aurait mérité d’être plus long. La première partie traîne un peu en longueur, il manque à la deuxième partie une troisième plus trépidante et la conclusion, si elle est plutôt réussie, aurait elle aussi pu faire la part plus belle à l’aventure.

Au reste, je me demande si, là encore, je ne me suis pas fait un plan en imaginant un roman d’aventures trépidantes là où il n’y a en fait qu’une histoire d’amour sur fond de fantastique et de science-fiction. Ça ne serait pas la première fois.

Quoi qu’il en soit, L’Homme qui traversa la Terre est une histoire sympa, pleine d’idées amusantes à reprendre pour du pulp début XXe siècle et avec un style plaisant. Il faut probablement éviter de faire son Alias et d’y chercher plus qu’il ne s’y trouve.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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