Liquid Tension Experiment: LTE3

On avait fini par ne plus y croire, après plus de vingt ans d’attente, mais il est là: LTE3, le troisième album de Liquid Tension Experiment est enfin arrivé! Autant vous prévenir tout de suite: si les démonstrations de virtuosité vous ennuient, passez vite votre chemin…

Liquid Tension Experiment, c’est un super groupe. Je dirais bien que c’est le supergroupe qui tue tous les supergroupes, mais j’ai déjà utilisé cette expression pour Transatlantic. On y trouve tout de même des pointures assez impressionnantes, comme Mike Portnoy (tiens tiens…), John Petrucci, Jordan Rudess et Tony Levin.

Ce qui nous fait trois quarts de Dream Theater et un quart de King Crimson, ce qui qui décrit assez bien le genre. En effet, musicalement, on est sur une base de metal progressif instrumental, mais avec une blinde d’influences multiples: classique contemporain, jazz, blues, prog et autres.

De base, LTE3 compte huit pistes et dure un peu plus d’une heure, avec deux compositions de treize minutes. Comme j’ai récupéré une version « digipack », j’ai également le disque bonus A Night at the Improv, qui contient cinq pistes (dont une seule fait moins de dix minutes). Au total, le bazar fait pas loin de deux heures.

Sur le papier, on pourrait se dire que c’est une bonne idée de laisser quatre virtuoses du prog et/ou du metal partir en roue libre sur un, voire deux albums. En fait, rien qu’en relisant la phrase, on devrait déjà se méfier. Le souci, c’est que ce genre d’exercice peut assez vite tourner à la démonstration masturbatoire.

Et, avouons-le, LTE3 n’échappe pas toujours à ce problème. Si j’étais médisant, je dirais même qu’il n’y échappe pas du tout. Mais qu’il y a quand même beaucoup de compositions – ou, à tout le moins, de passages – très chouettes sur cet album.

Il y a aussi quelques éléments qui sont plus douteux. Reprendre « Rhapsody in Blue » ne m’a pas apparu nécessaire; à vrai dire, les réinterprétations rock de compositions classiques ne m’ont jamais paru nécessaires – même quand elles sont signée ELP, c’est dire.

Liquid Tension Experiment n’est pas non plus à l’abri de redites et d’un certain ronronnement. C’est probablement inévitable sur ce genre de projet.

Globalement, tout ceci fait de LTE3 un album sympa. Il a des points d’orgue qui montent vraiment très haut, mais également pas mal de passages plus convenus. Pour reprendre la métaphore onanique, les musiciens se sont fait plaisir, mais ça n’est pas forcément très satisfaisant pour l’auditeur.

Pour ma part, je dirais que ce LTE3 vaut le coup, mais il ne faut pas trop en attendre non plus. En cela, il est peut-être un peu décevant: vingt-deux ans pour cet album, c’est long.

Bonus: la vidéo de « Hypersonic »

Pour soutenir Blog à part / Erdorin:

Blog à part est un blog sans publicité. Son contenu est distribué sous licence Creative Commons (CC-BY).

Si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire des micro-dons sur Flattr, sur Liberapay ou sur uTip. Je suis également présent sur Tipeee pour des soutiens sur la longue durée.

5 réflexions au sujet de “Liquid Tension Experiment: LTE3”

  1. Tu es pour le coup plus charitable que moi. ‘Rhapsody in Blue’ est une pure hérésie musicale, mais le disque d’impro est sympa.

    Répondre
    • Je n’ai sans doute pas la même sensibilité à la musique classique que toi – sans parler du fait que j’ai tendance à penser que les vaches sacrées font les meilleurs hamburgers. Mais à peu près chaque fois que j’ai écouté des interprétations rock ou metal de compositions classiques, je n’en ai jamais perçu l’intérêt.

      Répondre
  2. Oy. La vidéo d’Hypersonic, faut pas la regarder, c’est mauvais pour les rétines. Par contre je me suis pris une claque dans les conduits auditifs (et la confirmation qu’il fallait que je change ma version de winamp… ou de lecteur mp3)

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :