Madder Mortem: Marrow

Madder Mortem: Marrow

Marrow, de Madder Mortem, c’est un album sous le signe du chiffre 13 – comme M, la treizième lettre de l’alphabet. Enfin bon, peut-être pas, mais ça collerait assez bien avec ce mélange bizarre de metal progressif à tendances black et punk.

Madder Mortem est une formation norvégienne, un de ces groupes qui affichent tranquilou plus de vingt ans d’existence sans que personne – enfin, sans que moi – n’en ai entendu parler. S’il n’y avait pas eu une chronique dithyrambique d’Angry Metal Guy, il y a fort à parier que je serais également passé à côté de cet album.

Emmené par sa chanteuse, Agnete Kirkevaag, le groupe propose un metal progressif bizarre, gothique, mélangeant pas mal d’influences diverses: des compositions énergétiques et déjantées, façon punk, sur une base de metal progressif avec des intonations black-metal et des vocalises acrobatiques.

Marrow aligne onze pistes et un peu plus de cinquante minutes, mais c’est un peu trompeur: les morceaux vont de trente secondes à neuf minutes. Cela dit, la plupart sont de longueur moyenne, entre quatre et six minutes.

Si l’on ne se fiait qu’à sa pochette – et, éventuellement, à son intro – on pourrait croire que l’album propose un prog à l’ancienne. Bon, c’est un peu comme les poissons volants: y’en a, mais ce n’est clairement pas la majorité du cheptel.

Non, Madder Mortem fait clairement honneur à la première moitié de son nom: c’est très cinglé. Dès “Liberator”, le groupe enclenche le gros V8 qui tache, bricolé façon Mad Max. On a déjà un assez bon aperçu de l’univers musical du groupe, tout en décalages.

Marrow, ce n’est pas du rock progressif à la (grand-)papa. Les multiples influences du groupe se téléscopent dans une sorte de fête foraine multidimensionnelle. Ça pourrait être franchement indigeste – et, je suppose, ça risque de l’être pour les plus traditionalistes – mais ça fonctionne plutôt bien.

Je ne serais pas aussi enthousiaste que le confrère de chez AMG, mais j’avoue que Madder Mortem est un groupe impressionnant, qui n’hésite pas à aller chercher des idées dans les genres les plus incongrus. Le résultat est peut-être un peu difficile d’accès, mais très créatif.

Marrow, qui est disponible sur Bandcamp, est un album qui saura surprendre ceux qui oseront s’y attaquer. Il ne faut pas avoir peur de l’aventure, mais le voyage en vaut la peine.

Bonus: la vidéo de “Liberator”

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