Nanowar of Steel: Italian Folk Metal

Bon, les metaleux, accrochez-vous à vos vestes à patchs: Nanowar of Steel est de retour avec une galette intitulée Italian Folk Metal. Et c’est « comme son nom l’indique », peut-être même un peu trop littéralement.

Nanowar of Steel est un groupe de metal italien qui a pris comme devise « nous prenons la comédie au sérieux ». Actif depuis près de vingt ans, ils s’amusent beaucoup à parodier à peu près tout ce qui bouge en metal, poussant toujours plus loin la satire et les idées foireuses.

Pour le coup, le groupe a sorti cornemuses, accordéons et a rameuté ses potes amateurs de jeu de rôle grandeur-nature pour un album folk-metal. Mais, de loin, pas que.

Italian Folk Metal est leur sixième album studio; la version en téléchargement inclut quinze pistes, dont les deux morceaux de pop italienne composés en début d’année (je soupçonne que le but était d’arriver à se qualifier pour l’Eurovision). L’album dure une heure.

Italian Folk Metal arrive après un album exceptionnel, Stairway to Valhalla, et à la suite de deux singles qui ont un peu tout cassé en ligne: « Norwegian Reggaeton » et « Valhalleluiah ». Et les deux singles de pop italienne susmentionnés, aussi.

Et, quelque part, ce n’est pas un hasard: d’une part, le groupe retourne un peu à ses racines, avec un album quasiment chanté qu’en italien (à part deux reprises, en allemand et en espagnol); d’autre part, il y a cette idée de mélanger des genres complètement improbables.

Certes, la coloration de l’album est pas mal folk-metal, avec des pistes comme « L’Assedio de Porto Cervo », « La Maledizione di Capitan Findus » ou « La Polenta Taragnarock », mais Nanowar of Steel se permet des truc beaucoup plus fumés.

Prenons par exemple « La Mazurka del Vecchio che Guarda i Cantieri », qui mélange musette et metal, « Il Signore degli Anelli dello Stadio » qui raconte le Seigneur des Anneaux via des chants de supporters, ou « Gabonzo Robot » qui est un hommage aux génériques de dessins animés japonais des années huitante.

Chaque fois que j’écoute ce groupe, je suis frappé par leur capacité à absorber les styles les plus improbables et en faire quelque chose de 1) solide et 2) très drôle. Nanowar of Steel est peut-être un groupe de metal comique, mais en vrai, c’est quand même un sacré groupe de metal tout court. Et ça rend la satire d’autant plus solide.

La plupart des compositions folk-metal sont extrêmement convaincantes, en dehors de leur contenu satirique. Les précités « L’Assedio de Porto Cervo », « La Maledizione di Capitan Findus » ou « La Polenta Taragnarock » sont des morceaux qui pourtant sévère!

Quelque part, même leurs deux chansons de pop italiennes sont catchy. C’est fou.

Le groupe a un don certain pour l’utilisation de jeux de mots stupides pour justifier leurs acrobaties stylistiques. Et c’est flagrant sur Italian Folk Metal, à commencer par le titre de l’album. En effet, c’est du metal sur la culture populaire italienne: les stars de la télé (avec le retour de Giorgio Mastrotta), les vieux qui observent les chantiers, la chanson napolitaine, le football, la gastronomie, les magouilles, etc.

On retrouve aussi les blagues habituelles du groupe: les clins d’œil appuyés (notamment « Kiss from a Rose » sur le slow turbosirupeux « Rosario »), les strophes ultralongues, les blagues scabreuses, etc.

Ce qui m’impressionne aussi, c’est que Nanowar of Steel ne maîtrise pas seulement l’aspect musical, mais le groupe apporte un soin particulier aux vidéos. Mention spéciale pour la pochette, signée du chanteur Potowotominimak, qui montre leur mascotte en héros garibaldien et un arrière-plan blindé de références aux pistes de l’album.

Italian Folk Metal a cependant quelques défauts. Le premier, c’est le titre « La Marcia su Piazza Grande », qui ressemble beaucoup à un faute de goût, avec ses sonorités de marche fasciste. Sur ce point, je peux leur laisser le bénéfice du doute, pour des questions de contexte: je ne suis pas Italien et je ne comprends la référence.

Le second est aussi lié à cette italianitude: avec un album entièrement en italien (voire en dialecte napolitain avec « Scugnizzi of the Land of Fires »). J’ai l’impression que je rate la moitié des blagues. Certes, la moitié restante est très drôle – et on peut aussi compter sur les quelques clips déjà parus pour avoir une traduction en anglais – mais ça me frustre un peu.

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est mineur, mais c’est quelque chose qu’il vaut mieux savoir avant. Si vous vous attendiez à l’énormissime usine à tube façon Stairway to Valhalla, Italian Folk Metal est peut-être un peu décevant. Mais un peu seulement.

Il contient une quantité assez ahurissante de de titres qui dépotent, qui font rire ou les deux. Nanowar of Steel, c’est vraiment le groupe qui réussit la synthèse parfaite sur ce point. Italian Folk Metal est disponible sur Bandcamp et un peu partout ailleurs et je vous recommande vivement de vous y intéresser.

Bonus: la vidéo épique-et-colégram de « La Polenta Taragnarock »

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