Neal Morse: Testimony 2

Je dirais bien que Neal Morse – dont je vous avais déjà parlé pour son triple live – est un diable d’homme, mais comme c’est un fervent chrétien, ça pourrait être mal perçu; n’empêche que son deuxième album autobiographique, Testimony 2, prouve sans aucun doute l’un et l’autre.

Alors oui, comme souvent avec l’animal, ça cause Dieu et Jésus – mais pas tous les saints, parce qu’il est quand même proche de la doctrine protestante – alors si vous êtes allergique à ce genre de folklore, vous risquez d’avoir du mal. Cela dit, une fois posé, cela vaut largement la peine de s’accrocher, parce que c’est un musicien hors pair, un des plus grands noms du rock progressif.

Et d’ailleurs, il ne faut pas longtemps pour s’en rendre compte: passé un “Mercy Street” calme, on attaque dans le grandiloquent et le spectaculaire avec l’instrumental “Overture No. 4”. Au fil des morceaux, Neal raconte sa vie et surtout sa carrière musicale au sein de Spock’s Beard.

Si Testimony 2 est clairement un album de rock progressif, il arpente un peu tous les horizons du genre, à commencer par un “Time Changer” qui, non content de contenir des violons à la UK, comprend également une partie vocale à plusieurs voix – celles de ses anciens complices de Spock’s Beard.

Son rock progressif sait se teinter de blues, conjurer des grosses guitares qui tachent (“Nighttime Collectors” ou le puissant “The Truth Will Set You Free”), lorgner vers un passé dinosaurien comme vers des influences plus contemporaines, voire flirter avec le symphonique (“Jesus Bring Me Home”, entre autres) et la pop avec le superbe “Supernatural”, sur le second CD – qui contient également un morceau de 25 minutes, “Seeds of Gold”.

Si cet album défait avoir un gros défaut, c’est un peu le classique “Neal Morse fait du Neal Morse”; certes, il le fait très bien, mais de façon générale, ses albums ont un peu tendance à se ressembler et à contenir un peu les mêmes “tics” musicaux. On n’est pas non plus obligé d’écouter toute sa discographie d’un coup (ou ce même album sept fois de suite) non plus, notez.

Pour ceux qui douteraient encore, je rappelle à toutes fins utiles que Neal Morse est également un quart de Transatlantic et, à mon humble avis, le principal compositeur de ce groupe. Juste pour dire.

Sans être rigoureusement indispensable, Testimony 2 est un excellent de rock progressif maîtrisé de bout en bout par un des maîtres du genre et, en plus, une des rares personnes au monde capable de faire du rock ouvertement chrétien sans être ridicule.

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