Next to None: Phases

Next to None: Phases

Phases est le deuxième album du groupe américain de metal progressif Next to None; c’est également le deuxième que je chronique en moins de six mois, mais surtout parce que j’avais du retard sur le premier et que je ne voulais pas aller les voir en concert sans savoir de quoi il retourne.

Next to None, soyons honnête, est un groupe qui est surtout connu par son batteur, un certain Max Portnoy, fils de. Son style est à mi-chemin entre le metalcore et le metal progressif, ce dernier ressemblant quand même beaucoup à ce que fait Dream Theater (ou faisait, avant de tomber dans le Broadway-rock façon Styx).

Phases compte douze pistes qui oscillent entre le court (3-4 minutes) et le très long (huit minutes et plus, avec un epic de vingt minutes pour finir l’album), pour un total de près d’une heure vingt. Ce qui est long, très long. Trop long, en fait.

Je suis un peu mitigé sur cet album et, plus généralement, sur la musique de Next to None. D’un côté, je ne suis pas fan de metalcore, de l’autre si j’aime bien le prog-metal onirothéâtral, force m’est d’avouer que ce n’est pas le style le plus original du moment.

D’un troisième côté, l’idée de rajouter une couche metalcore – en plus de quelques virgules électro ou hip-hop à la Faith No More ou Linkin Park – sur du metal progressif « classique » permet d’apporter une certaine touche de fraîcheur à l’ensemble.

D’un quatrième côté (promis, j’arrête), j’ai l’impression que Next to None n’a pas forcément les moyens de ses ambitions et a tendance à se prendre les pieds dans ses propres complications. C’est un groupe très jeune, avec des membres qui doivent avoir moins de vingt-cinq ans, et qui se sont lancé là-dedans depuis cinq ans à peine.

Et je soupçonne que le metalcore s’adapte très mal aux compositions de plus de huit minutes, même si, objectivement, les epics de Phases contiennent certains des meilleurs passages de l’album. Ils sont aussi souvent dans le style « classique », il faut dire.

Cela posé, au milieu d’un album qui, globalement, est plutôt bordélique, on trouve tout de même quelques pépites qui méritent l’attention, comme « The Apple », « Alone », « Kek », « Pause » ou « Denial », ainsi que quelques bouts de « The Wanderer ».

Et puis, techniquement, le jeune âge de ses membres ne les empêche pas d’être des gros monstres, capables de prouesses et de soli hallucinants; c’est juste l’ensemble qui souvent peine à s’assembler en quelque chose de cohérent.

Phases est un de ces albums qu’il est difficile de qualifier autrement que par « intéressant ». Il a des bons côtés, mais pas assez pour en faire un bon album et ses défauts ne sont pas assez flagrants pour en faire un mauvais album; surtout, c’est un album qui vient d’un groupe qui en veut et qui ne se contente pas de faire – littéralement – du prog-metal à la papa.

Bonus: la vidéo de « The Apple »

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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