Nicky Larson et le Parfum de Cupidon

Nicky Larson et le Parfum de Cupidon

Détective privé, garde du corps, nettoyeur: Nicky Larson est le meilleur des meilleurs. C’est aussi un obsédé sexuel invétéré et son assistante, Laura, a bien du mal à le gérer. Et la situation promet d’être encore plus difficile quand un client lui demande de retrouver le Parfum de Cupidon, un aérosol qui peut faire tomber amoureux n’importe qui.

Ceci posé, on va d’abord éclaircir deux-trois trucs. D’abord, il s’agit bien de Nicky Larson et non de City Hunter, c’est-à-dire l’adaptation d’une adaptation.

Parce que, quand la série City Hunter est arrivée en France, achetée à l’enthousiasme, il n’a pas fallut très longtemps pour que les producteurs français s’aperçoivent qu’elle n’était pas faite pour les enfants, avec son héros bandard qui essaye d’inviter les jolies filles dans le premier « cinq à sept » venu.

Ainsi est né Nicky Larson, toujours aussi obsédé, mais moins explicite. Et, à l’époque du Club Dorothée, cette série policière de Tsukasa Hōjō a fait l’objet d’une adaptation souvent complètement délirante, qui a rendu légendaire le doubleur Maurice Sarfati.

Du coup, on a un film qui n’a pas grand-chose à voir avec la série (animé ou manga) originelle, mais bien dans sa version extrêmement franco-française. Ce qui, au départ, m’a fait très très peur. Oui, j’ai connu la version avec Jackie Chan. C’est une des raisons.

Il a fallu une série de tweets d’un des traducteurs qui a bossé pour la production, expliquant les interactions avec l’auteur originel du manga, pour que je me dise que ce film ne serait peut-être pas une catastrophe. Et, en effet, Philippe Lacheau (réalisateur et acteur du rôle-titre) a fait ici un film très, très fidèle au matériau d’origine.

On va notamment y retrouver les costumes et les coiffures ultra-typés eighties, le Colt Python, la Mini, le marteau de cent tonnes et même le corbeau.

Alors, il faut être clair: ce n’est pas un chef d’œuvre, ni un monument d’humour subtil et raffiné. Un certain nombre de blagues sont franchement lourdingues et il ne faut pas avoir peur des blagues de bite, avec corpus delictien gros plan. C’est pas très woke, tout ça.

Cependant, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon est un film où j’ai beaucoup ri, malgré les gags borderline sexistes et homophobes et les blagues de viol. Ou à cause d’eux, allez savoir avec mon logiciel social construit dans les années 1960

Il faut dire que le film assume à fond son côté complètement outrancier. L’hyperbole est servie à toutes les sauces et la cohérence passe souvent par la fenêtre (comme plusieurs personnages) pour laisser la place à tel ou tel gag visuel.

Idem pour les bagarres, qui sont souvent très bien réalisées. Pour un film français, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon dépote comme à Hollywood, y compris pour les poursuites automobiles. Même celles avec un type menotté à un lit.

Je soupçonne cependant qu’une des grandes forces de ce film est sa principale faiblesse: c’est un film qui vise un public-cible: les fans de la série française originelle et, plus généralement, la « génération Club Dorothée ».

Les acteurs, qui sont plutôt bien choisis et bons dans leurs rôles, enquillent les références aux autres séries de l’époque et Dorothée elle-même fait une apparition. Je vous passe la référence de « monsieur Mokkori », qu’on voit au début du film; vous n’avez qu’à chercher…

Comme je tombais plus ou moins dans le public-cible en question, j’ai plutôt bien aimé Nicky Larson et le Parfum de Cupidon. Je soupçonne néanmoins que ceux qui ne connaissent pas la série – et son contexte – risque d’avoir plus de mal. C’est un film à classer dans la catégorie “j’ai honte, mais j’ai ri.”

Bonus: la bande-annonce du film

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