"Obsolescence programmée", de Benjamin Nathé

“Obsolescence programmée”, de Benjamin Nathé

Londres, 2029: dans Obsolescence programmée, de Benjamin Nathé, la capitale britannique n’est plus qu’une cité bidonvillisée, dominée par les quelques rares corporations qui ont survécu au “Flash Crash” de 2023. Edgar Chaze, un mercenaire qui oscille entre idéalisme et pragmatisme, tente d’y survivre pourchassé par son dernier client.

Il va, bien malgré lui, se faire entraîner dans une course folle qui implique des traders extra-lucides, une organisation révolutionnaire, une émission de télé-réalité et une OPA qui pourrait sceller le sort de la planète.

Ce roman m’a été envoyé par l’auteur, sous forme électronique; le fichiers EPUB avait quelques défauts – notamment des exergues de chapitres illisibles – mais c’est un peu normal: il avait été fait à l’arrache. Il est disponible sur Amazon, en numérique (sans les bugs) et en impression à la demande.

Du coup, ne me croyez pas sur parole si je vous dit que je l’ai trouvé plutôt bien. Cela dit, depuis le temps, vous me connaissez: sur mon blog, je ne parle en général que des trucs que j’aime bien. Il n’est certes pas sans défauts, mais il tient bien la route.

Déjà, par un contexte d’anticipation noir à souhait: des États-nations en pleine désagrégation, une poignée de corporations toutes-puissantes après un crash financier catastrophique dû à un emballement du trading haute-fréquence, des ressources toujours plus rares dans un Sud exploité par un Occident moribond. Youpi.

Par-dessus, on a une intrigue qui repose beaucoup sur des thèmes qui ne sont pas souvent exploités en SF – à part peut-être par des malades comme Cory Doctorow ou Charles Stross. Finance, négoce, OPA et autres malversations sont au cœur de l’histoire de Benjamin Nathé – qui a étudié l’économie et vécu un temps à Londres. Ça se sent et ça contribue à rendre le tout crédible.

Ce qui frappe le plus dans Obsolescence programmée, ce sont surtout les images-choc d’une ville de Londres transformée en un empilement de bidonvilles d’où surnagent quelques quartiers aisés et sécurisés, un monde soumis à une automatisation de plus en plus intense qui laisse la populace au bord de la route.

Ceci posée, il y a deux trois points qui me chagrinent dans l’histoire, notamment quelques points très prévisibles (genre, devinez qui est le véritable chez des révolutionnaires?). J’ai aussi trouvé que les quelques éléments mystico-mystiques, rattachés à l’Apocalypse de Jean, étaient trop sérieusement traités pour le propos.

Pour tout dire, ce qui me gêne le plus, c’est le traitement des personnages et, surtout, des personnages féminins. Enfin, je devrais plutôt dire DU personnage féminin, Nicole, qui est réduit au rôle d’accroche sentimentale pour le héros, d’infirmière/institutrice et de “princesse en détresse” à la fin. Elle mérite mieux.

Le style est plutôt enlevé et nerveux, ponctué de petites citations en exergues qui tapent souvent juste. Obsolescence programmée se lit vite et bien. Ce n’est pas non plus de la grande littérature, mais c’est du roman de SF populaire qui tient bien la route, dans l’esprit des bons Fleuve Noir Anticipation de mes vertes années.

Si vous êtes intéressés par l’anticipation avec un sérieux côté techno-thriller et de thèmes très contemporains, je vous en recommande la lecture.

D’autres avis chez Lectures fantastiques, Les Mille et Unes pages de LM et Des livres et nous (sur Facebook).

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