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Penny Dreadful: City of Angels

Penny Dreadful: City of Angels

Los Angeles, 1938: Tiago Vega est le premier inspecteur de police hispanique, on lui adjoint le vétéran Lewis Michener, qui est juif. Ils vont enquêter sur un quadruple meurtre, sous fond de tensions ethniques, pendant qu’un mystérieux architecte allemand prépare une invasion de l’Amérique.

Le titre de cette série, en dix épisodes de près d’une heure, est Penny Dreadful: City of Angels, mais disons-le tout de suite: le lien avec la série originelle est à peu près inexistant.

En effet, là où Penny Dreadful revisitait avec bonheur l’horreur gothique distillée par les feuilletonistes de la fin du XIXe siècle, City of Angels propose plutôt une enquête où se mélangent politique, urbanisme, montée des fascismes et racisme ordinaire. Ah, et un peu de surnaturel, quand même. Mais juste un peu.

Pour ce qui est de l’aspect reconstitution historique, la série est bluffante. C’est peut-être d’ailleurs le seul point commun avec son prédécesseur. Le Los Angeles de 1938 est complètement crédible, surtout la communauté chicano où évoluent Tiago, sa mère, ses frères et sa sœur. Les scènes tournées au Crimson Cat, le club de swing, sont particulièrement impressionnantes. C’est aussi une série qui sort du côté glamour pour montrer les communautés dans les marges.

City of Angels apporte également un niveau de détail impressionnant sur ses personnages. Que ce soit le conseiller municipal gay, la radio-évangéliste qui préférerait être une jeune femme normale ou le docteur à la tête du parti pro-allemand qui se sent de plus en plus en porte-à-faux avec le nazisme, tous sonnent juste. Sans parler du parrain de la mafia juive (interprété par l’impressionnant Brad Garrett).

Ce qui pêche, c’est l’intrigue. À force de s’attarder sur les personnages, City of Angels en oublie son histoire – dans les deux sens du terme. La narration, d’une part, ne donne pas vraiment l’impression de savoir où elle va – et elle n’y va pas vite.

Ensuite, comme mentionné, l’appellation Penny Dreadful laissait présager un accent nettement plus marqué sur l’occulte, voire le grotesque. Certes, on a la présence de Santa Muerte, une figure pseudochrétienne qui apporte la « bonne mort », et son double « maléfique » (Natalie Dormer), qui interprète pas moins de quatre rôles. Mais c’est un peu tout.

On peut penser que ce côté aurait été développé dans des saisons suivantes. Sauf qu’à moins d’une forme de miracle, ces saisons n’existeront pas: City of Angels n’a pas été prolongé et cette saison unique est donc la seule.

En résumé, j’ai du mal à recommander Penny Dreadful: City of Angels. Elle n’est pas mauvaise et je ne regrette pas de l’avoir regarder. Elle a même beaucoup de qualités, seulement elle a aussi pas mal de défauts qui peuvent être rédhibitoires selon les attentes des spectateurs.

Du coup, si vous êtes attiré par le nom Penny Dreadful, passez votre chemin. Si vous cherchez du polar noir avec une intrigue tendue, aussi. Par contre, si l’ambiance des États-Unis juste avant la Deuxième Guerre mondiale vous intéresse, c’est du très bon.

Bonus: la bande-annonce

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