« Printeurs », de Ploum

Futur indéterminé, mais raisonnablement proche. Nellio est ingénieur, un peu hacker, un peu activiste. Au sortir d’une conférence, il est contacté par Eva, qui lui propose de travailler sur un projet qui pourrait changer la face du monde, le projet Printeurs.

Parler ici de Printeurs, c’est pour moi l’occasion de réparer une occasion ratée – et dont j’ai un peu honte, d’ailleurs. Lionel « Ploum » Dricot, son auteur, m’avait envoyé une première version de ce roman, qu’il avait prépublié sur son site.

Et je l’avais lu, mais j’avais complètement oublié de lui faire des retours dessus. À l’époque, j’avais été moyennement impressionné par l’ensemble et ça me gênait sans doute de le lui dire.

Depuis, Lionel a trouvé une maison d’édition, Plaisirs et Valeurs d’Histoire – qui, coïncidence, est tenue par des potes, Christophe Gérard et Lionel Jeannerat. Ça a été l’occasion d’un gros travail éditorial et cette version finale est plus convaincante.

On y suit donc Nellio, qui se trouve embarqué – « tracté par les hormones » serait une expression plus précise – par Eva et par l’acteur et sex-symbol Georges CloonFarreck dans un plan pour mettre au point des imprimantes 3D très perfectionnées. Si perfectionnées qu’elles pourraient menacer toute l’industrie mondiale.

Laquelle n’est pas contente et le fait savoir, avec moult armes à feu et explosions, pas seulement pour garder ses profits, mais aussi pour cacher une réalité franchement dégueulasse.

Je rapprocherais Printeurs des romans d’anticipation technologiques de Cory Doctorow (genre Makers ou Walkaway). J’y ai trouvé quelques idées vraiment brillantes, comme l’idée du ciblage publicitaire comme outil de drague ou de surveillance.

Il a aussi quelque chose qui manque souvent aux bouquins de Doctorow: une intrigue trépidante. C’est un bon page-turner.

Par contre, je lui reprocherais deux choses. D’abord, une vision de l’avenir un peu trop positive. L’ouvrage fait notamment l’impasse sur un des gros défis du siècle, à savoir le changement climatique.

Ensuite, un côté satire sociale que j’ai trouvé souvent exagérée, voire caricaturale. En soi, ce ne serait pas un problème, mais ces éléments s’intègrent parfois difficilement dans le cadre plus techno-thriller « réaliste » du bouquin.

J’ai l’impression que, sur certains éléments, Printeurs a quinze ou vingt ans de retard. C’est une vision de l’avenir qui est plus née de l’après-Onze Septembre que de notre époque. Je soupçonne cependant que le vrai souci, c’est que j’ai déjà lus beaucoup de romans du même genre.

Néanmoins, j’ai trouvé la lecture agréable. L’action est soutenue, les enjeux élevés et le contexte à la fois familier et original. En moins de trois cent pages, format poche avec un graphisme soigné (beau boulot, les copains!), Printeurs est un bouquin plutôt cool.

Et si vous avez envie de le lire, j’ai deux exemplaires (pas le mien: il est dédicacé) que j’offre volontiers aux deux premières personnes qui en font la demande en commentaire sur ce blog. Et il y a aussi des « livres suspendus », disponibles pour ceux qui n’en ont pas les moyens, auprès de l’éditeur.

C’est Noël!

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5 réflexions au sujet de “« Printeurs », de Ploum”

  1. Hello. Oui cela me ferait très plaisir également de découvrir l’univers Printeur après avoir connu Aristide 😀

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  2. J’avais peur que tu dises ça… j’ai passé mon tour sur ce livre, même si ploum/Lionel reste intéressant par ailleurs. Un genre surpeuplé qui n’aide pas non plus, surtout quand on l’affectionne.

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  3. Je viens de le finir, avec un peu la même impression. Fort agréable à lire, de l’humour, du rythme, de bonnes idées, mais, comme beaucoup de SF, il s’agit surtout de prolonger les tendances actuelles pour pointer les dérives. J’ai peur que cela date rapidement le livre.

    Coïncidence, je suis en train de lire “Bullshit jobs” de Graeber, et Ploum a dû y piquer une des meilleures idées, le concept de faire faire des jobs fondamentalement débiles et inutiles aux gens pour qu’ils se croient un cran au-dessus des chômeurs complets.

    Et je ne sais pas s’il aurait pu écrire cela il y a 15 ans. Si on parlait déjà d’État policier, je ne me souviens pas qu’on décrivait déjà les policiers comme un tel ramassis d’imbéciles.

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