“Remanence”, de Jennifer Foehner Wells

"Remanence", de Jennifer Foehner Wells

Remanence, de Jennifer Foehner Wells, est un roman de science-fiction qui fait suite à Fluency, que j’avais chroniqué en ces pages, avec une conclusion entre enthousiasme et déception. Je dois avouer que cet enthousiasme est quelque peu retombé à la lecture de ce deuxième tome.

Dans Fluency, Jane Holloway, linguiste terrienne, s’était retrouvée bombardée capitaine d’un vaisseau spatial extra-terrestre abandonné dans la ceinture d’astéroïdes du système solaire à la suite d’une épidémie causée par la nanotechnologie. Avec l’aide de ses trois collègues terriens et du navigateur, seul survivant de l’équipage originel du vaisseau, elle part pour le monde d’origine dudit vaisseau pour essayer de sauver ce qui peut l’être et trouver l’origine de la pandémie.

Il y aurait là matière à faire des aventures excitantes, à base de découvertes d’une culture différentes et de défis causés par l’effondrement civilisationnel. Et, soyons honnête, il y a tout cela. Mais le roman se noie dans un certain nombre de péripéties secondaires qui tuent le rythme. Les deux-tiers du bouquin se déroulent sur un monde ravagé par les éléments et que la pandémie a réduit à quelques communautés fractionnées, mais où il ne se passe objectivement pas grand-chose qui fasse avancer l’histoire.

Il y a également des histoires autour des relations entre les Terriens et les extra-terrestres, mais ces dernières sont un peu décevantes: les peuples que rencontrent Jane et ses collègues se comportent un peu trop comme des humains pour que ce soit très intéressant – même les personnages s’en plaignent, d’ailleurs. Là encore, le rythme pose problème, parce que si c’était si peu intéressant, ça ne mériterait pas que l’histoire s’y attarde si longtemps.

Mais il y a quelques éléments qui sauvent Remanence et, partant, le reste de la série Confluence. D’une part, il y a un contexte, plutôt intéressant ou, à défaut, intriguant. Les Terriens débarquent dans une galaxie composée de plusieurs races sapientes, mais, pour des raisons qu’ils ignorent, ils n’arrivent pas à rentrer en contact – on les boude ou on les ignore. L’idée d’avoir des peuples réunis par une sorte de méta-langage est aussi amusant.

D’autre part, il y a une intrigue qui commence à se dévoiler et qui promet des péripéties un peu plus émoustillantes: trahisons, diplomatie extra-terrestres, batailles spatiales à grande échelle. Enfin, il y a l’impact des relations télépathiques qui lient tous les membres d’équipage du vaisseau à Jane, via le navigateur – une créature poulpoïde surnommée “Captain Cthulhu” par un des Terriens.

En conclusion, à ce stade de la série – qui semble être partie pour être une tétralogie, vu que deux autres ouvrages (Inheritance et Valence) sont parus – je suis à la fois intéressé par l’histoire et par le contexte, mais aussi quelque peu rebuté par un rythme boiteux, une écriture plan-plan et des personnages pas toujours intéressants. Je soupçonne que je vais continuer, par curiosité, mais ce ne sera probablement pas ma priorité de ces prochains jours.


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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