Rhapsody of Fire: From Chaos to Eternity

Rhapsody of Fire, c’est comme qui dirait le petit plaisir semi-honteux, l’équivalent métal du pot de Nutella qu’on attaque tout seul à la cuillère juste parce que c’est bon. From Chaos to Eternity, leur dernier album, en est la parfaite illustration: un métal symphonique à grand spectacle, sur des thèmes médiéval-fantastique tellement éculés que même les réalisateurs de dessins animés japonais hésitent à les utiliser.

Plaisir, parce que le métal symphonique de la bande à Luca Turilli est somme toute bien fait: grandiloquent, bourré d’énergie et, à défaut de réelle originalité, un certain talent pour appliquer les vieilles recettes. Semi-honteux parce que, précisément, ce n’est pas original du tout et ça abuse de tous les stéréotypes et effets faciles du genre: soli de guitares interminables, dialogues pour copie de troisième ou quatrième zone du Seigneur des Anneaux, orchestration symphonique façon Hans Zimmer et titres de morceaux qui font tellement style-genre que c’en est douloureux.

Ainsi, on a droit à des « Ghosts of Forgotten Worlds », « Aeons of Raging Darkness », « I Belong to the Stars » et l’ultra-épique « Heroes of the Waterfalls’ Kingdom », qui est à lui seul une fan-fiction médiéval-fantastique qui pourrait server de trame à deux ou trois campagnes pour rôliste. Cela dit, même si Rhapsody of Fire abuse des clichés, force est de constater qu’ils sont doués dans le genre. Il y a juste le défaut que, maintenant, je pense immanquablement à Nanowar of Steel quand je les écoute.

Si j’étais vraiment méchant, je dirais que Rhapsody of Fire, c’est le D&D du métal contemporain: une musique qui reprend tous les poncifs du heavy-metal des origines en y rajoutant un gros vernis vaguement moderne, mais dont les mécanismes sont vieux comme le genre lui-même. Le fait qu’objectivement, ce soit du métal pour rôliste, ne m’aide pas à ne pas être méchant, à vrai dire – ça plus le fait que je n’aime pas le med-fan, s’entend.

Mais, méchant ou pas, je peux difficilement faire autrement que de recommander cet album à ceux qui aiment le métal symphonique et n’ont pas peur de l’équivalent musical de la crise de foie. Parce que, comme le Nutella, Rhapsody of Fire, c’est un peu honteux, mais c’est bon quand même.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Sabat dit :

    Classique… Oui, peut-être, mais curieusement, RHAPSODY sonne comme du RHAPSODY… J’ai tjrs eu un faible pour eux, c’est comme ça, on ne se refait pas.

    • Alias dit :

      Je connais ça: il y a des groupes qui tapent directement dans le cerveau reptilien. C’est de l’instinct, ça ne se commande pas… 😉

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