Sonata Arctica à Octopode 2016

Octopode 2016 – Sonata Arctica

Genève n’a pas exactement la réputation d’être une région débordante d’activité festive, mais ça n’empêche pas que, parfois, on se retrouve avec des événements surprenants, tel ce festival Octopode, qui propose chaque année deux jours de festival gratuit avec des groupes locaux et des pointures internationales.

Il y a quelques années, j’y étais déjà allé pour voir le groupe suisse Lunatica, mais depuis, le petit festival a pris du galon et, en 2016, c’est Sonata Arctica qui fait la tête d’affiche. Oui, vous avez bien lu: les Finlandais de Sonata Arctica, un des meilleurs groupes de power-metal mélodique du monde, qui n’est jamais venu à Genève avant et qui vient jouer dans un festival gratuit.

Du coup, quand j’ai appris la chose, j’ai dû faire quelque chose comme l’équivalent de « houba! houba! », mais avec plus du jurons et, quelques emails plus tard, je me retrouvais photographe accrédité. Zoom avant sur le vendredi soir: je quitte le boulot, saute sur mon vélo nucléaire et file vers Meyrin et la Campagne Charnaux, un petit parc au milieu d’une cité-dortoir.

Deux chapiteaux, Neptune pour la petite scène et Nautilus pour la grande, une palanquée de tables, des food-trucks et de la bière locale; pour un peu, on pourrait se croire dans une fête paroissiale, s’il n’y avait pas une panoplie spectaculaire de jeans déchirés, de cuirs patchés, de bracelets à clous, de cheveux longs et de crêtes à l’iroquoise. Et du gros son, donc.

Octopode 2016 – Derivate

Octopode 2016 – Derivate

La petite scène, aux faux airs de cirque, accueille surtout les groupes régionaux: 9PM, Derivate, Helmut et Hateful Monday. Il y a quand même du solide: Derivate, par exemple, est un groupe que j’avais failli voir l’année passée à l’Undertown, mais qui avait dû décommander en dernière minute et qui propose un metal technique qui flirte avec le prog. Ça mériterait d’être plus mélodique et cohérent à mon goût, mais c’est intéressant; j’ai acheté leur album et je vous en reparlerai sans doute.

Octopode 2016 – Helmut

Octopode 2016 – Helmut

Helmut est aussi un monument de la scène genevois, un quatuor qui hante les scènes de la région depuis plus de vingt ans. Leur style est plus hard-rock que metal, mais ça bouge bien et le groupe a un flair pour les mélodies qui tapent juste. Je ne me prononcerai pas sur les deux autres groupes, que j’ai somme toute peu vus.

Octopode 2016 – Eths

Octopode 2016 – Eths

Côté Nautilus, la grande scène donc, une configuration plus classique pour une capacité de près de mille places. L’endroit est rapidement bondé, parce que les groupes qui débarquent ne sont pas des demi-portions. On commence par les Marseillais de Eths, qui font du neo-metal – si j’en crois leur bio, à mes oreilles, ça sonne comme du death. C’est très carré, pas forcément trop mon truc – trop death – mais réalisé avec énergie et compétence, emmené par des musiciens qui ne font pas semblant.

Octopode 2016 – Tagada Jones

Octopode 2016 – Tagada Jones

Arrive Tagada Jones; au nom, j’aurais pensé à un groupe comique, genre Naheulband punk; ce n’est pas tout à fait ça. Il faut plutôt chercher un croisement pas si contre-nature entre Trust et les Béruriers Noirs: du punk, certes, mais avec un peu plus de structure et de recherche que le tchick-boum classique, sur des textes engagés et emmenés par un chanteur qui me fait pensé à un Bernie Bonvoisin très très énervé.

Autant dire qu’en concert, ça bouge un max – sur scène et dans la salle, avec pogos en rafale et compétition de stage-diving considérée avec une bienveillance relative par les gens de la sécu et les photographes. Il faut dire qu’un meeting aérien de punks bourrés au-dessus de cinq kilobrouzoufs de matériel, c’est moyen pour la tranquilité d’esprit. Mais bon, ça reste très bon enfant.

Octopode 2016 – Sonata Arctica

Octopode 2016 – Sonata Arctica

Il est près de minuit quand Sonata Arctica monte sur scène et c’est parti pour plus d’une heure de metal épique. Je ne suis pas certain que le groupe sait qu’il joue un concert gratuit – Tony Kakko, avec sa dégaine façon Johnny Depp, nous fait tout un laïus sur l’importance d’acheter des billets pour voir des groupes – mais ça ne semble pas influer particulièrement sur leur enthousiasme.

Le groupe va enquiller une rafale de « tubes » – entendez par là, surtout des vieux morceaux, dont une bonne partie venue de Ecliptica: « Full Moon », « My Land », « Replica », « Kingdom of Heart », « Destruction Preventer », « 8th Commandment », entre autres. Sonata Arctica devrait avoir un nouvel album pour la rentrée, mais on n’aura pas eu d’avant-première.

Du coup, le concert fait un peu « spécial vieux fans », mais objectivement, ce sont des morceaux qui n’ont pas vieilli et qui composent la plus grand part de l’ADN musical de Sonata Arctica, donc je ne vais pas me plaindre.

Le festival Octopode est un événement qui me mystifie quelque peu: deux jours de concerts – le samedi, c’était reggae, dont sans moi – avec des groupes renommés, le tout en gratos, au milieu d’une banlieue résidentielle. Mais ce n’est pas très important: c’était bien.

Ma galerie de photos est sous Flickr, sous licence Creative Commons.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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