Sons of Apollo: Psychotic Symphony

Alerte: supergroupe. Et aussi alerte: Alias très en retard, vu que l’album est sorti il y a plus de six mois et que tout le monde et son chien en ont déjà parlé. Sons of Apollo, c’est un projet qui implique un wagon de musiciens talentueux du monde heavy/prog et leur premier album, Psychotic Symphony, est une orgie de sonorités au croisement entre le classic rock et le metal progressif.

On a donc deux anciens de Dream Theater – Derek Sherinian et Mike Portnoy –, Ron “Bumblefoot” Thal qui a officié avec Guns’n’Roses, plus Billy Sheehan et Jeff Scott Soto qui, à eux deux, ont joué avec au moins un milliard de groupes, dont Journey et Mr Big. Ouais, rien que.

Psychotic Symphony, c’est neuf pistes, dont deux instrumentaux, avec deux epics de plus de dix minutes, une autre compo qui frôle la barre et une durée totale de près d’une heure. Ça fait beaucoup, mais le style est en général plutôt généreux avec les durées.

Dans le cas présent, la musique est aussi du genre généreuse: on est dans un classic rock musclé et enthousiaste, façon champagne, avec des sonorités vintage qui viennent se calquer sur des structures plus modernes, du gros son à l’américaine et des musiciens qui se font plaisir et, le plus souvent, qui nous font plaisir. Le plus souvent, mais pas toujours.

Disons que Sons of Apollo, comme beaucoup de fils de dieux, a tendance à en faire des tonnes et à partir dans des délires un peu trop style-genre. Alors certes, c’est un style-genre qui me plaît plutôt, mais il n’empêche que c’est parfois un peu abusé.

Il y a aussi le fait que c’est un album qui fait montre d’assez peu d’originalité. Comparé aux attentes générées par le casting, on peut presque parler de déception. Je suppose que c’est peu un des problèmes du genre: dans “classic rock”, il y a “classic”. Mais, en même temps, je trouve que quelqu’un comme Neal Morse fait beaucoup mieux dans le genre.

Reste que, quand Sons of Apollo fait des bons trucs, c’est vraiment très bien, notamment grâce à un Derek Sherinian déchaîné sur ses orgues Hammond: “God of the Sun” qui ouvre l’album sur plus de dix minutes, le quasi-epic “Labyrinth”, “Alive”, “Lost in Oblivion” et “Divine Addiction” sont excellents.

Je suis par contre pas du tout fan du “Opus Maximus”, l’epic instrumental turbo-choucroute qui conclut l’album et qui illustre à la perfection le côté too much du groupe.

En conclusion, avec Psychotic Symphony, Sons of Apollo livre un album globalement cool, mais qui pêche à la fois par excès d’orgueil et par manque d’ambition. Ce qui est un chouïa paradoxal, mais pas tant que ça. Les bons trucs compensent largement ceux qui le sont moins.

L’album est disponible sur les plateformes commerciales habituelles (= pas Bandcamp).

Bonus: les vidéos de “Coming Home” et de “Alive”


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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