Taotopia: Nightfall

Taotopia: Nightfall

Le rock progressif a pas mal de points communs avec l’alchimie: c’est une discipline mal connue, un peu archaïque, qui peut donner des résultats magnifiques, mais qui, mal gérée, peut éparpiller l’apprenti-alchimiste façon puzzle à beaucoup de pièces. Tout ceci pour vous parler de Taotopia et de leur album Nightfall.

Je vous avais déjà parlé de Taotopia dans le cadre du Very Prog Festival: c’était le groupe qui ouvrait le deuxième jour. C’est une formation toulousaine qui se définit comme du djent. J’avais alors ajouté que c’était un peu comme si le Yes de 1973 avait découvert le djent. Oui, ça fait bizarre.

Pour être plus précis, c’est une base de metal progressif tendance djent, passablement technique, sur laquelle se calque une structure vocale qui, pour ma part, me rappelle les compositions de Jon Anderson dans les années 1970. Autant dire que c’est un mélange qui rappelle un peu l’huile bouillante et l’eau glacée, mais avec plus d’explosions.

Nightfall compte dix pistes et dure environ trois quarts d’heure. Mais, sur ces dix pistes, il faut compter les cinq parties de “Oneiric”, qui forment plus de la moitié de l’album (vingt-six minutes environ). À part ça, les compositions sont plutôt courtes, entre une minute trente et cinq minutes.

La plus évidente qualité de Taotopia, c’est qu’ils sont ambitieux. C’est un groupe que qui n’hésite pas à sortir quelque peu des sentiers battus et qui n’hésite pas non plus à chercher la difficulté. Le djent n’est déjà pas, à la base, un genre facile, mais vouloir y ajouter un chant clair (avec quelques passages de growl) autant en décalage, c’est osé.

Cette ambition est aussi le plus gros défaut de Nightfall. L’ambition, c’est bien, mais sans un minimum de maturité, ça vire rapidement à la tentative de démonstration pour jeune coq. Et, honnêtement, Taotopia donne ici l’impression d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre.

Pas que Nightfall soit un mauvais album. OK, il a pas mal de côtés énervants, à commencer par une cohésion interne à la limite de la vue de l’esprit, mais si on passe outre, on constate rapidement qu’il y a une blinde de bonnes idées derrière. Ces idées sont particulièrement frappantes dans le magnum opus “Oneiric” et, notamment le “Act IV – Versatile”, qui est vraiment bluffant.

J’avais conclu ma chronique en disant qu’il ne manquait pas grand-chose à Taotopia pour venir jouer dans le cour des grands. Il faut juger Nightfall à l’aune de ce que c’est: un premier album d’un groupe qui a un potentiel solide et de l’originalité. Jugez-en par vous-mêmes sur la page Bandcamp de l’album!



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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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