Very Prog Festival, jour 2: Taotopia, Soul Secret, Persefone, Sons of Apollo

Very Prog Festival - Sons of Apollo

Réveil en forme? Bof. Crève guérie? Pas vraiment. Bien récupéré de la veille? Mouais. Beau temps? Si l’on excepte un vent à décorner les bœufs. Deuxième jour du Very Prog Festival? FUCK YEAH!

Bonne nouvelle: je connais désormais le chemin. En même temps, ce n’est pas très compliqué: terminus d’une des deux lignes de métro et cent mètres à pied. Par contre, aujourd’hui, la foule devant les portes à l’ouverture est plus conséquente. Y aurait-il de la star dans l’air? Spoiler: oui.

Taotopia (djent, France) au Very Prog Festival, Le Metronum, Toulouse, 13 octobre 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Mais avant ça, c’est Taotopia qui ouvre la soirée. Eux, ce sont ce qu’on appelle habituellement les « régionaux de l’étape ». Ils sont de Toulouse et ils sont annoncés comme du djent. En fait, on dirait Yes qui fait du djent, surtout au niveau de la structure du chant. Encore que parler de structure pour leur composition est peut-être un peu enthousiaste. Ça part franchement dans tous les sens, et pas dans le bon sens du terme.

Mais bon: ils sont jeunes et ils ont tendance à en faire trop, quelque part c’est normal. J’ai pu m’en rendre en écoutant leur album Nightfall, le groupe a du potentiel. Les musiciens sont compétents, et il faudrait juste un peu serrer les boulons et viser un peu plus de sobriété. Taotopia livre donc un petit set de trente minutes, mais qui est clairement une grosse émotion pour eux.

Soul Secret (metal progressif, Italie) au Very Prog Festival, Le Metronum, Toulouse, 13 octobre 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Arrive à leur suite Soul Secret, une formation italienne de prog-metal active depuis dix ans. Soul Secret, c’est un peu le groupe que personne ne connaît. L’accueil est un peu réservé, mais c’est là qu’on voit que le groupe à l’habitude et il parvient à mettre le public dans sa poche avec un jeu de scène enthousiaste et exubérant au cours de leur set de 50 minutes.

Mis à part ça, ils jouent un metal progressif assez soft, inspiré par le néo-prog à la Marillion – et, dans les compositions les plus récentes (notamment celles de leur dernier album Babel), par Haken – et aussi, il me semble, par le Rock Progressivo Italiano. Tout ça nous donne des très belles parties, mais également une impression de décousu, de vouloir en faire trop.

Persefone (death-metal progressif, Andorre) au Very Prog Festival, Le Metronum, Toulouse, 13 octobre 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

C’est ensuite au tour de Persefone de prendre la scène – enfin, ce qui reste de place devant les structures cyclopéennes prévues pour le dernier groupe. Ce qui est un peu léger pour six musiciens plutôt remuants.

Persefone est un groupe andorran qui mélange, à part à peu près égales, death metal et metal progressif. Le mélange est un peu hétérogène, entre les passages mélodiques et aériens et les gros riffs méchants, voire grumeleux si on n’aime pas le growl, mais il est efficace. Comme je connaissais déjà leur dernier album Aathma, je savais à peu près à quoi m’attendre.

Il est surtout hautement énergétique, au point que le chanteur-growleur conjure un circle pit pour pouvoir se jeter dedans. Le public est très enthousiaste et le groupe livre une prestation d’une heure particulièrement remuante.

Sons of Apollo (metal progressif, USA) au Very Prog Festival, Le Metronum, Toulouse, 13 octobre 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Et pour conclure, devant une salle comble (600 personnes à vue de nez), voici Sons of Apollo, une des plus grosses concentrations d’égos de la scène metal contemporaine.

On a donc Ron “Bumblefoot” Thal, le guitariste qui a un instrument à deux manches (avec des LED); Billy Sheehan, bassiste, qui également a une basse monstrueuse à deux manches (sans LED, mais d’un turquoise pétant); Derek Sherinian trône derrière quatre claviers grand format et le batteur, Mike Portnoy a – comme d’habitude – une batterie plus grande que celle de tous les groupes réunis. Jeff Scott Soto, le chanteur, est juste gigantesque et gesticule plus que tout le monde.

Et le tout, ça donne un metal progressif aux gros accents de classic-rock. Pendant plus d’une heure, ces cinq prog-all-stars vont nous livrer la quasi-intégralité de leur album Psychotic Symphony, plus deux reprises de Dream Theater et une de Queen.

Soyons honnête : c’est très impressionnant. Mais c’est aussi un poil excessif. Au lieu de mon habituelle analogie choucroute, je dirais que la musique de Sons of Apollo est plutôt d’un burger. Mais le modèle avec une livre de viande, un mètre carré de bacon et la quantité de fromage que l’on trouve généralement dans une fondue pour quatre personnes. Et une baignoire de frites.

Les soli de plus de cinq minutes, je crois que j’ai passé l’âge, même si au final, ça donne quand même la banane. Ne nous trompons pas: Sons of Apollo, c’est de la grosse machine de guerre, réglée à l’américaine. Les musiciens se font parfois bateliers – Mike Portnoy jonglant avec ses baguettes – mais c’est tout pour le spectacle et on n’est pas volés.

En conclusion, j’avoue volontiers que je n’ai pas suivi ce festival dans les meilleures conditions. Crève tenace, fatigue et autres désagréments – je vous passe les détails, on est sur un blog familial ici.

J’ai trouvé que ce deuxième jour était moins réussi que le premier. D’abord, une moindre impression de cohésion entre les groupes – mais peut-être parce que les trois premiers proposaient des compositions franchement chaotiques.

Le son m’a paru également moins au top, avec quelques problèmes de micros et, surtout, sur Sons of Apollo, les amplis de Billy Sheehan, qui écrasaient tous les autres instruments. Mais ça, c’est aussi la rançon du fanboyisme: tout devant, ce n’est pas place idéale pour le meilleur son (j’ai pu vérifier que, plus loin, ça passait crème).

J’ai aussi trouvé que les light-shows des trois premières formations étaient souvent très stroboscopiques. Ce qui est ennuyeux pour les photos, mais aussi fatiguant.

Cela dit, c’est du « moins réussi » en partant de très très haut – un premier jour quasi parfait. Ce Very Prog Festival reste une incontestable réussite, surtout pour une première édition. Comme le disait Jeff Scott Soto, c’est vraiment cool de voir une salle comble pour des concerts de prog!

On espère qu’il y en aura d’autres – même si, perso, je ne suis pas certain de revenir souvent, parce que Toulouse, l’air de rien, c’est pas la porte à côté…

Même si, dans l’avion du retour, j’ai pu constater que je n’étais pas le seul Genevois a avoir fait le déplacement.

Ma galerie de photos est en ligne sur Flickr.


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Palinca dit :

    Merci encore de m’avoir fait découvrir Persefone dans une de tes chronique.
    J’adore leur dernier album ^^

    • Alias dit :

      De rien; à vrai dire, c’était surtout leur présence qui m’a incité à aller au festival. Sauf qu’au final, je n’ai pas été si impressionné que cela par leur prestation.

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