« The Consuming Fire », de John Scalzi

« The Consuming Fire », de John Scalzi

Que se passe-t-il dans un empire interstellaire qui s’aperçoit que tous ses moyens de communication et de commerce sont en train de disparaître les uns après les autres? C’est le thème de la trilogie de L’Interdépendance, signée John Scalzi, dont The Consuming Fire est le deuxième volet.

Spoiler, c’est pas très beau à voir.

Dans le premier, The Collapsing Empire, la nouvelle avait fini par parvenir jusqu’aux oreilles de l’Emperox Grayland II, nouvellement élue un peu par hasard. Et déjà visée dans deux tentatives d’assassinat et quelques autres broutilles, au cœur desquelles se trouve la Maison Nohamapetan, une des guildes majeures de l’Interdépendance.

Dans ce deuxième tome, les choses ne vont pas s’améliorer. Déjà, à la base, l’Interdépendance est mal partie. Comme son nom l’indique, c’est un système prévu à la base pour que ses mondes ne soient pas autonomes. De plus, la plupart sont des habitats stellaires, plus quelques planètes inhospitalières.

De plus, l’Emperox a l’air d’être bien la seule personne à donner l’impression de prendre la pleine mesure de la crise. Les autres semblent se passer la patate chaude, cherchent à se faire un max de thunes. Ou tentent de sauver leurs fesses sur la seule planète habitable de l’Interdépendance, qui se trouve être à un des bouts du réseau de transport hyperluminique en train de s’effondrer.

Dans The Consuming Fire, on a donc, d’un côté, l’Emperox qui cherche à faire en sorte que tout le monde tire dans le même sens, et tout le monde qui est, au mieux, réticent.

Elle peut cependant compter sur quelques atouts, comme Marce Claremont, le scientifique qui enquête sur l’effondrement des flux hyperluminiques. Elle a aussi l’appui de Lady Kiva Lagos, administratrice mal embouchée qui prend un malin plaisir à démonter les machinations de la Maison Nohamapetan – et, accessoirement, à coucher avec leur avocate.

Avec The Consuming Fire, John Scalzi continue sur son space-opera à grand spectacle, mais aussi sur des thèmes très contemporains. Que faire face à un effondrement inéluctable, surtout dans un environnement où à peu près tout a été fait pour qu’il n’y ait non seulement pas de plan B, mais juste pas de possibilité de plan B.

Il se permet également de démolir au passage quelques clichés, notamment sur les « Robinsons de l’espace » retournés à l’état sauvage. Chose que je trouve toujours réjouissante. L’univers continue à être développé et on découvre dans ce tome le grand secret de l’Interdépendance. Secret qui revient d’ailleurs lui mordre les fesses.

Ce qui ne gâche rien, c’est que c’est toujours aussi réjouissant à lire. La trilogie est écrite avec un humour parfois féroce et un brin de décalage, qui n’est pas fait pour me déplaire. Les personnages, notamment, sont très vivants et leurs répliques percutantes.

Le seul reproche que je ferais au style, c’est qu’il lui arrive parfois de se laisser emporter par son propre enthousiasme. Il y a donc quelques longueurs, mais ce n’est pas tragique, au regard du fait que c’est un roman plutôt court.

Comme il m’arrive d’apprendre de mes erreurs, j’ai depuis attaqué le dernier tome de la trilogie, The Last Emperox, et je devrais vous en parler très bientôt. Mais, à part en cas de Fin Scoubidou ou autre horreur du genre, je doute qu’il fasse autre chose que confirmer ce que je vois dans The Consuming Fire: c’est une excellente trilogie de SF.

Pour les autres avis, veuillez vous référer au billet sur le précédent ouvrage. Oui, je sais, c’est une manœuvre de grosse feignasse. Faites-moi un procès.

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