« The Fuller Memorandum », de Charles Stross

Dans la foulée des Atrocity Archives et Jennifer Morgue, j’ai commandé, reçu et lu The Fuller Memorandum, troisième volume des aventures de Bob Howard, informaticien-démonologiste au service secret de Sa Majesté. En guise de destinations exotiques, nous avons cette fois-ci droit à Londres et sa banlieue – ce qui, vu de Genève, est déjà passablement exotique – et une intrigue également plus introspective, car centrée autour du bon docteur James Angleton, supérieur de Bob, et de la possibilité d’une taupe au sein du service.

Dans l’intro, le protagoniste-narrateur nous fait part de la fin de son athéisme et de la raison pour laquelle, lorsque Dieu reviendra, il l’attendra avec un fusil à pompe en gardant la dernière cartouche pour lui-même. Ça pose le ton: exit le décalage des précédents, cet épisode est considérablement plus sombre que les précédents. On y parle cultistes, dévoreurs d’âme, rituels morbides et nécropoles, et il faut bien toute la verve geeko-cynique de Bob pour avoir droit à quelques moments de rire dans ce volume.

Cela dit, la noirceur du ton n’ôte rien à la qualité de la trame et de l’écriture de Charles Stross. On sent encore le technophile (ancien administrateur système) derrière l’auteur, qui déteint sur son personnage; les interactions avec l’iPhone sont un régal. Un côté amusant du bouquin est qu’on a droit à différents points de vue, mais qui sont tout de même narrés par Bob – lequel n’hésite d’ailleurs pas à prévenir le lecteur que ce n’est peut-être pas tout-à-fait exact.

Dans le genre fantastique contemporain, cette série de bouquins est une franche réussite. C’est sans doute une question d’époque, mais moi qui ne croche pas du tout à Lovecraft et à ses séides en tentaculeries, je trouve les idées développées par Charles Stross bien plus flippantes. Pour les joueurs de Delta Green (et autres jeux qui se basent sur l’occulte), c’est une lecture plus que recommandée, truffée de trouvailles et d’idées brillantes.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. Florent dit :

    Je suis tout à fait d’accord… Je ne suis pas un fan du Mythe, mais Charles arrive très bien à combiner l’horreur de celui-ci avec notre monde actuel, sans montrer trop d’occulte pour que tout ceci reste « crédible ».
    J’ai moi aussi beaucoup aimé le FULLER MEMORANDUM…
    Et je dois dire que j’attends avec impatience plus d’infos sur NIGHTMARE GREEN.
    En tout cas, il existe 2 adaptations de l’univers de Stross en jdr, une professionelle en basic system (the laundry rpg) et une « amateur » au système NEMESIS de Greg Stolze (avec scénar et prétirés)
    Je ne peux que conseiller cette série de livres !

    • Alias dit :

      Pour moi, le CASE NIGHTMARE GREEN est un MacGuffin; qu’il reste dans l’ombre n’est pas un mal, il ne sert juste qu’à faire avancer cette trame particulière, En plus, c’est assez clair sur ce qui se passe alors: Elder Gods fall, everybody dies.

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