« The Labyrinth », de Simon Stålenhag

Trois personnes partent dans un véhicule tout-terrain à travers un paysage de cendres pour une mission de routine. The Labyrinth, le nouvel ouvrage de l’auteur et illustrateur Simon Stålenhag, raconte la survie dans un monde ravagé – et le prix de cette survie.

On a tendance à résumer l’œuvre de Simon Stålenhag à ses illustrations, mais celles-ci servent de support à une narration qui mérite plus d’attention. L’auteur nous raconte une histoire, qui ici est particulièrement sombre et brutale.

The Labyrinth semble se situer dans la continuité de ses autres ouvrages, particulièrement de Things from the Flood. On y retrouve l’eau noire, d’origine extra-terrestre, et les créatures qu’elle apporte. Parmi ses créatures, des sphères qui vont relâcher suie et ammoniaque et, en l’espace d’une décennie, tuer toute vie sur Terre.

Sauf quelques villes souterraines, comme Kungshall. Un projet qui cherche à préserver l’humanité à tout prix. C’est de là que viennent Sigrid, son frère Matt, et le jeune Charlie. Mais entre ces trois protagonistes, il y a un secret terrible.

Simon Stålenhag, qui nous habitué à des paysages où se côtoient le banal et le fantastique – que ce soit une improbable technologie avancée ou des créatures étranges (voire des dinosaures). C’est aussi le cas, d’une certaine façon, dans The Labyrinth.

Mais, d’une part, cette coexistence est séparée de façon beaucoup plus franche et, d’autre part, les paysages sont d’une noirceur qui est à la limite de l’illisible.

L’extérieur est le règne d’une suie gris-brun qui recouvre tout, un monde presque mort où ne subsistent que des sortes de coraux extraterrestres titanesques. L’intérieur, lui, est le règne du banal: couloirs proprets, ameublement corporate de la fin des années nonante, fresques murales incongrues.

Et au milieu, la narratrice, Sigrid, témoin des événements qu’elle et son frère ont déclenché sept ans auparavant, quand ils ont trouvé Charlie.

The Labyrinth est une histoire glauque sous un glacis de civilisation et les illustrations de Simon Stålenhag sont en parfaite adéquation avec cette ambiance. C’est peut-être un peu décevant de voir ces grandes étendues de cendres – d’autant que j’ai l’impression que le rendu est plus sombre que voulu, mais c’est complètement raccord.

Si la narration de The Electric State vous a plu, lisez ce livre. Mais ne vous attendez pas à en sortir indemne.

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