The Neal Morse Band: The Great Adventure

The Neal Morse Band: The Great Adventure

Ne vous laissez pas tromper par le nom: The Great Adventure, le dernier album de Neal Morse – OK, techniquement, « The Neal Morse Band » – n’a pas grand-chose à voir avec The Grand Experiment, mais plus avec son précédent, The Similitude of a Dream.

Bon, cela dit, ce n’est pas très important, parce que musicalement, on reste dans le Neal Morse classique: un rock progressif symphonique moderne, mais qui s’inspire tout de même de ses glorieux prédécesseurs, comme Yes et Genesis.

Qui dit prog symphonique dit souvent formats déraisonnables et, dans le cas de The Great Adventure, on n’est pas déçu: il s’agit d’un double CD, contenant vingt-deux pistes et une heure quarante-cinq. Hormis les première et dernière pistes, respectivement de dix et huit minutes, les morceaux sont de taille plutôt raisonnables.

C’est donc une suite que nous propose The Neal Morse Band; The Similitude of a Dream était un concept-album basé sur Le Voyage du Pèlerin, de John Bunyan, The Great Adventure revisite l’histoire par les yeux du fils du protagoniste principal.

Je ne m’attarderais pas trop sur l’histoire. Je préfère juste prévenir les plus anticléricaux de mes lecteurs que l’ouvrage est très, très chrétien et que Neal Morse lui-même se revendique comme chrétien born-again. Cela dit, on peut très bien passer outre.

Ce qui me frappe surtout, c’est que le groupe propose ici un « vrai » concept-album, c’est-à-dire non seulement un album qui raconte une histoire, mais aussi un voyage musical dans lesquels des thèmes vont se croiser et se recroiser. Je pinaille peut-être, mais les « concepts-albums » qui présentent un patchwork musical sans cohérence m’agacent au plus haut point. Là, du coup, c’est « comme ça qu’il faut faire ».

Ce n’est pas le seul point fort de The Great Adventure: multi-instrumentiste, chanteur et compositeur, Neal Morse est un des cadors de la scène prog contemporaine et il n’a pas galvaudé son talent sur cet album.

C’est vraiment du rock progressif symphonique à grand spectacle, avec des envolées instrumentales guitares-clavier hallucinantes et des compositions en béton. Dans les points d’orgue de cet album, je pourrais citer « Overture » (1 et 2), « Dark Melody », « The Great Adventure » ou « Freedom Calling », parmi d’autres.

Après, il faut être sensible à la patte de Neal Morse, qui est quelque part très américaine, influencée par le classic-rock et les musiques de film. Il se laisse parfois emporter par un enthousiasme qui frôle la grandiloquence un peu boursouflée.

Avec son format XXL, c’est un peu la version prog du burger pour routier avec tout, deux fois, et une montagne de frites à côté. Mais, malgré tout, c’est une musique qui reste très accessible. Ouais, un peu comme un burger, en fait…

The Great Adventure apparaît donc comme un des grands albums de prog de 2019 – oui, déjà. En même temps, comme il s’agit du Neal Morse Band, c’est le contraire qui serait étonnant. Malgré ses côtés un peu trop symphonique-disney, je vous le recommande avec enthousiasme.

Bonus: la vidéo du morceau-titre

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