Weedpecker: III

Weedpecker: III

Allez, on ressort les pantalons à pattes d’eph’, les chemises à fleurs et les gilets en mouton retourné! Suivons donc l’avis – encore une fois – de Angry Metal Guy et embarquons avec Weedpecker back to the seventies avec leur nouvel album, sobrement intitulé III. C’est d’ailleurs un peu la seule chose qui soit sobre dans cet album.

Sonorités psychédéliques, ambiances mi-planantes, mi-électriques rappelant le hard-rock de l’époque et le rock progressif de la grande époque (dans un style qui rappelle un peu Elder), Weedpecker est une formation polonaise qui voit très, très loin dans le rétro.

Ce troisième album – d’où son titre, III – ne propose certes que cinq titres, mais le plus court fait six minutes et demie et les durées dépassent les dix minutes. Au total, l’album reste cependant raisonnable, avec un peu moins de trois quarts d’heure.

Le côté impressionnant de la musique de Weedpecker, c’est sa capacité à glisser gentiment d’un point de vue planant et brumeux – je vous laisse deviner la composition des brumes en question – vers des montées en puissance électriques en diable, qui rappellent parfois les meilleurs moments du post-rock.

Prenez notamment une piste comme “Embrace”, qui est typique de la manœuvre: on commence par des mélodies apaisées et une voix à la limite de l’absence, on attaque à mi-parcours par une séquence instrumentale hallucinante de précision et on termine à la Pink Floyd, sans que ça paraisse complètement abusé.

Plus calme – et fidèle à son titre – “Liquid Sky” est également un grand moment de rock psychédélique à l’ancienne, tandis que “From Mars to Mercury”, la plus longue piste de l’album, est également la plus réussie à mes oreilles. En fait, il n’y a guère que le dernier titre, “Lazy Boy and the Temple of Wonders” que je n’aime pas (il fait plus “lazy boy” que “temple of wonders”).

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Weedpecker maîtrise son sujet. S’il n’y avait pas la – relative – propreté de la production et une pochette bien trop moderne (limite faute de goût), on aurait pu croire ce III sorti tout droit des caves d’un studio d’enregistrement abandonné en 1973.

Bien sûr, il faut être sensible à ce côté “mi-vintage, mi-moderne, et de nouveau vintage derrière”, mais avec un chouïa d’ouverture d’esprit – produits psychotropes en option – Weedpecker vous propose là un grand moment de voyage dans l’espace et le temps. Branchez-vous sur leur page Bandcamp, casque stéréo au fil en spirale sur les oreilles dans votre fauteuil-boule, et en avant vers le passé!


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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