"Ann Radcliffe contre les Vampires", de Paul Féval

“Ann Radcliffe contre les Vampires”, de Paul Féval

De Paul Féval, écrivain français du XIXe siècle, on connaît surtout Le Bossu, mais il a également écrit des ouvrages d’épouvante, tel ce Ann Radcliffe contre les Vampires, paru en 1875 sous le titre La Cité-Vampire et republié par les Moutons Électriques dans leur label Les Saisons de L’Étrange, précédemment mentionné.

On y suit Ann Radcliffe, future romancière à succès, qui, la veille de son mariage, embarque son fidèle serviteur à la poursuite d’un vampire qui a enlevé sa meilleure amie. L’histoire, racontée par un témoin quasi-centenaire, est censée se passer à la fin du XVIIIe siècle et à travers l’Europe, de l’Angleterre à la Dalmatie (l’actuelle Croatie) en passant par les Pays-Bas.

Alors autant le dire tout de suite: Ann Radcliffe contre les Vampires est un peu comme sa narratrice: il fait son âge. Doublement, même, parce que non seulement il raconte une histoire fantastique surannée, un peu à l’image du Horla de Maupassant, mais également il le fait par la voix d’une narratrice un peu fantasque.

Quelque part, la partie la plus intéressante de cet ouvrage, c’est la postface de Adrien Party, qui replace l’ouvrage dans son contexte historique et, plus généralement, dans celui de la littérature fantastique en générale et celle des histoires de vampires en particulier – vingt ans avant le Dracula de Bram Stoker.

Un des intérêts de cet ouvrage, c’est aussi d’avoir comme principale protagoniste une femme – et plutôt badass, ce qui n’est pas très courant à l’époque – et, qui plus, est, une personne ayant réellement existé, pionnière du roman gothique.

On peut aussi ajouter le côté “roman dans le roman”, où Paul Féval prétend avoir recueilli cette histoire, le tout dans un contexte de plagiats répétés entre auteurs français et britanniques.

Comme le mentionne également le postfacier, on a aussi un des premiers exemples de “Scooby-Gang” de la littérature vampirique, avec l’invraisemblable assemblage d’alliés qu’Ann Radcliffe va assembler au fil de l’aventure.

Mais, en lui-même, Ann Radcliffe contre les Vampires est une histoire qui risque d’apparaître comme ardue à lire pour les personnes non averties. C’est une aventure très décousue, parfois incohérente, qui est également desservie par une langue et un style vieillots et une narratrice peu fiable. Le lecteur du XXIe siècle risque de souffrir quelque peu.

Néanmoins, c’est un texte intéressant, qui apporte un éclairage original sur les premiers temps de la littérature fantastique “moderne” (post-Frankenstein) en général et vampirique en particulier.

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