“Face aux Démons”, d’Étienne Bar

"Face aux Démons", d'Étienne Bar

Après les événements de La Ballade de Fronin, le jeune guérisseur est de retour auprès des Édrulains, mais le happy end du volume précédent n’en est un qu’en apparence. Comme son nom l’indique, Face aux Démons, deuxième roman dans l’univers des Folandes signé Étienne Bar, détaille quel est le prix à payer.

Nettement plus conséquent que son prédécesseur, Face aux Démons est également un roman choral – avec une multiplicité des points de vues – qui assume plus ce rôle que le précédent. D’ailleurs, autant dans la forme – structure et narration – que dans le fond, c’est un roman plus mature.

On ne suit plus seulement Fronin et Néalanne, mais également d’autres protagonistes, qui nous permettent de voir l’action sous d’autres points de vue. Et on constate également que tout n’est pas rose, même sur Libreterre et chez les Édrulains.

Côté trame, on a du bon, mais aussi du moins bon. Dans le bon, l’auteur s’amuse à détricoter les actions des héros – ou, à tout le moins, à jouer avec les conséquences de ces dernières, qui ont des répercussions inattendues.

J’ai beaucoup aimé le fait que l’histoire prenne le contre-pied d’un cliché trop commun (et très rôliste): la tendance chez les héros à flinguer les monarques qui leur déplaisent. Là, face à un roi objectivement haïssable, la question “oui mais on le remplace par quoi?” n’apporte aucune réponse satisfaisante.

Dans le moins bon, il y a un méchant. Je veux dire par là, UN méchant; pas deux, pas une faction, non, juste un sale connard – accessoirement ancien Grand Maître des Édrulains et sorcier puissant – qui part en vrille pour une histoire de cul.

Bon, ce n’est pas l’antagoniste le plus ridicule de l’univers, mais j’aurais aimé un peu plus de nuance, voire un peu plus de sens politique qui lui aurait permis d’attirer autour de lui une frange d’Édrulains isolationnistes. Le problème, c’est qu’il en fait trop, trop vite.

Les Démons du titre auraient aussi pu être plus développés et moins manichéens, en apparence; la confrontation entre Fronin et une Démonne ouvrait des perspectives intéressantes, mais finalement peu exploitées – peut-être pour une prochaine histoire.

Il y a également quelques péripéties qui “sentent” la partie de jeu de rôle racontée – des éléments qui font sens dans un contexte rôliste (ou qui glissent plus facilement sous le tapis), mais qui paraissent un peu gratuits dans la narration. C’est mineur et je soupçonne que la plupart des lecteurs n’en seront pas gênés.

J’avais quelque peu chouiné sur le côté why so serious du premier tome et j’ai eu le plaisir de lire un texte plus léger sur ce point précis, sans rien enlever à son aspect épique. Je dirais qu’on reste tout de même dans de la fantasy très positive, au point de frôler l’excès inverse, mais je reste enthousiaste.

Du coup, il ne me reste plus qu’à lire le recueil de nouvelles, reçu en ebook avec la souscription, et le jeu de rôle qui va avec. Mais là, je vais peut-être faire une pause un peu plus longue. Les Folandes pourront bien m’attendre encore un moment.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. Etienne Bar dit :

    Désolé que tu n’aies pas aimé Solban…
    Et grand merci pour la critique !

    • Alias dit :

      J’ai celle de “Friponnes” sur le feu, probablement pour la semaine prochaine.

      Pour Solban, j’ai surtout trouvé qu’il aurait pu être traité avec un chouïa plus de finesse.

      • Etienne Bar dit :

        Je voulais qu’on le haïsse… Ca a l’air réussi !
        Mais tu as raison, j’aurais pu le rendre un peu moins antipathique.
        D’un autre côté, se mettre dans la peau de cette ordure était assez rigolo.
        Etienne Bar Articles récents…Campagne en vue !My Profile

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