Le Grand méchant renard

Le Grand méchant renard

Histoire de fêter dignement le 14 juillet, je vais vous parler d’un truc français. J’ai souvent tendance à dire que « à la française » est un synonyme de « en moins bon ». Il y a des exceptions, mais, comme je me souviens de quelques abominations des années 1980, les films d’animation figuraient encore en bonne place dans cette catégorie. Mais, là encore, les choses changent et Le Grand méchant renard est une bonne surprise.

Tiré d’une bande dessinée de Benjamin Renner, il s’agit d’un film à sketches, trois pour être précis: « Un bébé à livrer », « Le Grand méchant renard » et « Il faut sauver Noël ». Il y a également des petites saynètes entre chaque sketch, qui est présenté comme autant de pièces de théâtre jouées par les personnages, avec tous les trucs foireux qui peuvent se passer.

L’histoire-titre met en scène un renard particulièrement nul, qui finit par faire alliance avec le loup pour kidnapper des poussins, dans l’espoir que ce sera plus facile à manger que des poules récalcitrantes. Les deux autres peuvent se résumer par « un lapin et un canard font des conneries pendant que le cochon-fermier essaye d’empêcher les catastrophes ».

Avec un style qui rappelle celui de Lewis Trondheim passé à l’aquarelle, Le Grand méchant renard bénéficie d’une animation un peu rustique – normal, au vu du thème – mais soignée. Ce n’est pas du Miyazaki millésimé, mais ce n’est pas du Heavy Metal non plus. Au reste, elle colle assez bien avec le ton assez léger des histoires.

Soyons réaliste: c’est un film pour enfants, mais où les auteurs n’ont pas oublié les parents non plus. Ma Dame et moi, qui avons oublié d’être adultes, nous sommes bien bidonnées devant le spectacle, mais nous ne sommes pas le public-cible principal. Il y a des grosses inspirations Tex Avery, avec la « patte » française d’un humour un peu deuxième degré – là encore, l’ombre de Trondheim flotte sur ce film.

L’idée de séparer le film en trois histoires d’une demi-heure chacune est également très bonne: on garde une unité de lieu et quelques personnages récurrents d’une histoire à l’autre, sans trop avoir à forcer pour faire durer une intrigue sur plus d’une heure. Après, c’est sympa à voir au ciné, mais je pense que le visionner tranquilou à la maison sur grand écran ne change pas grand-chose à l’expérience.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. Merci, j’hésitais à le voir.
    Didier A. (Iceman) Articles récents…Blog : Dépendance et isolementMy Profile

    • Alias dit :

      Comme je le disais, le cinéma n’amène pas grand-chose– voire des hordes de gnômes hurleurs – mais ça vaut la peine pour faire de ce film un succès en salles, il le mérite.

  1. 05/08/2017

    […] fait le très beau Ernest et Célestine. Alias en a parlé très bien donc je vous conseille son article (et le film) pour plus de détail. Un dessin animé qui est orienté vers les jeunes enfants mais […]

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