In Tormentata Quiete: Finestatico

In Tormentata Quiete: Finestatico

J’avais commencé cette semaine avec Eva Can’t et je la termine avec un autre groupe italien de chez My Kingdom, In Tormentata Quiete, qui tord les frontières du metal progressif avec son nouvel album, Finestatico.

Enfin, quand je dis « tord », je devrais plutôt utiliser le terme « pulvérise à la barre à mine rouillée ». In Tormentata Quiete part en effet sur une base de black-metal et y rajoute une épaisse couche de prog, avec en prime du symphonique avec une voix féminine claire.

Autant dire que Finestatico est un album qui se rit bruyamment (et quelque peu hystériquement) des définitions. Avec son chant en italien, il frôle à la fois les rivages du RPI tout en tutoyant les récifs bordant le black-metal, le tout avec un côté opéra. Le groupe se définit également comme « folk », mais honnêtement, c’est moins évident.

Avec sept pistes et quarante-six minutes, Finestatico apparaît comme presque raisonnable dans son format, mais c’est très trompeur. Les morceaux oscillent entre quatre et neuf minutes, mais sont tellement denses et variés qu’on pourrait croire qu’ils durent près du double.

Bien évidemment, le risque, avec un tel mélange des genres, c’est de se retrouver soit avec du pâté d’alouette (une alouette prog pour un cheval black), soit le traditionnel gloubiboulga des familles, tellement indigeste que même un labrador affamé n’en voudrait pas.

In Tormentata Quiete se joue de l’écueil, ajoutant même à la difficulté un concept et des titres évoquant des étoiles lointaines. Les genres se mélangent sans efforts et le meilleur en ressort à chaque fois. Voir des titres comme l’exceptionnel « Eta Carinae ».

Les parties chantées, souvent à trois voix – hurlements black, voix claires féminines et masculines – sont un exemple particulièrement frappant. Dans toute sa diversité, Finestatico réussit également l’exploit d’être remarquablement cohérent. L’album s’écoute d’une traite, presque sans temps morts.

Cela posé, ce n’est exactement l’album à mettre entre toutes les oreilles. Il vaut mieux s’être sérieusement rodé la fibre musicale avant de s’attaquer à un monument de ce calibre. C’est un peu l’équivalent d’escalader le K2 en espadrilles, par la face nord en plein hiver. Ou d’écouter du Arcturus.

Néanmoins, Finestatico vaut la peine qu’on fasse l’effort de lui donner sa chance. Les albums de ce calibre, originaux et bien exécutés, sont rares. Cerise sur le gâteau: celui-ci est disponible sur Bandcamp pour une somme modique (€6.50 en numérique).

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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1 réponse

  1. Alopex dit :

    Cela posé, ce n’est exactement l’album à mettre entre toutes les oreilles. Il vaut mieux s’être sérieusement rodé la fibre musicale avant de s’attaquer à un monument de ce calibre.

    Vu ton retour, ma curiosité est piquée ! ça sent le truc qui pourrait me plaire, merci !

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