Jouer la Carte X de la sécurité

Alias et la Carte X

Je vous en ai déjà parlé mais comme plusieurs de mes petits camarades en rôlisteries, dont Psychée, reviennent sur le sujet, je vais aussi vous parler de la Carte X (lien vers le document originel en anglais), un mécanisme simple pour aider à la sécurisation des parties de jeu de rôle. Un peu comme le safeword de, disons, d’autres genres de parties de jeu de rôle

À la base, la X-Card est un outil qui a été développé par John Stavropoulos (sous licence Creative Commons, partage dans les mêmes conditions CC-BY-SA); le site Places to go, people to be l’a récemment traduit en français. En trois mots, c’est la carte anti-malaise.

Le principe est très simple: on crée une carte, format carte à jouer, avec un X dessus, que l’on place sur la table. Si, à un moment donné, un des joueurs – inclus le MJ – ne se sent pas à l’aise dans l’action ou dans la situation, il peut prendre, taper ou pointer vers la carte et on arrête immédiatement ce qui se passe.

Le joueur ou la joueuse n’a pas besoin d’expliquer pourquoi, même s’il est sans doute préférable de savoir quel est l’élément qui a causé le malaise, ne serait-ce que pour éviter de retomber dessus plus tard.

Pourquoi c’est important? Parce que même si le jeu de rôle est, à la base, une conversation où il suffit de dire « stop! » pour que les choses s’arrêtent, il arrive qu’on se retrouve tellement pris dans l’action ou son rôle qu’on n’ose pas dire « stop! ». La carte est un accessoire plus neutre, « hors-jeu », qui est potentiellement plus facile d’accès dans ces situations.

Évidemment, c’est le genre de chose qui est plus utile en convention, où on ne sait jamais vraiment sur quels joueurs on va tomber. Mais même dans le cadre de gens que l’on connaît bien, il peut arriver que l’une ou l’autre ait un coup de blues, un traumatisme qui passe mal ou, plus simplement, une phobie qui ressurgit brusquement, pour que cette carte ait soudainement de l’importance.

J’ai commencé à mettre en place la Carte X à OctoGônes cette année; comme je n’avais pas de carte vierge, j’ai pris un bête joker de jeu de bridge. L’explication prend une minute à peine, sur le ton « vous ne me connaissez pas, je ne vous connais pas, autant éviter les malaises », la carte est sur la table, prête à servir si besoin est.

À moins de jouer à des jeux vraiment malsains, la Carte X ne va pas servir 99% du temps. Mais elle est importante pour le 1% des situations restantes. Alors oui, peut-être que ça va « casser l’ambiance », mais d’une part ceux qui jouent à des jeux d’ambiance en convention n’auront que ce qu’ils méritent et, d’autre part, je préfère casser l’ambiance que casser une personne fragile.

Vous avez le droit de trouver que ça ne sert à rien, voire que c’est contre-productif. Je pense que vous avez tort, mais vous n’êtes pas seuls sur cette planète. Ce que je pense, c’est que si ne pas utiliser la Carte X ne fera pas de vous un mauvais meneur de jeu, l’utiliser peut contribuer à vous rendre meilleur.

Après, c’est vous qui voyez.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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4 réponses

  1. DD Ra dit :

    John Stavropoulos, qui est à l’origine de la X-Card dit bien que le seul fait de parler du fait que chacun peut demander à arrêter le jeu quand il veut pour éviter de voir aborder des choses qui lui sont difficiles est la chose la plus importante de la démarche.

  2. Loiseau2nuit dit :

    Principe intéressant.

    Juste une petit coquille spottée en fin d’article :

    « …que ce qu’ils méritent et, d’AUTRE part, je préfère casser l’ambiance… »

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