Misþyrming @ La Dernière Messe

La Dernière Messe à L’Undertown

Bonjour. Mon nom est Alias, j’aime le rock progressif et le metal mélodique et me voici à La Dernière Messe, mini-festival black-metal à l’Undertown.

Qu’est-ce que je fous là?

Question subsidiaire: pourquoi suis-je venu me coller dans une salle de concert un soir de canicule?

D’une part, ce festival est – un peu comme son nom l’indique – le dernier qu’organise Wild Boar Legacy, organisateur du Wild Boar Fest auquel j’étais allé il y a quelques années. Et, en plus il y a Cân Bardd et Norvhar qui y jouent.

Griffon @ La Dernière Messe
Griffon (black-metal, France) en concert le 28 juin à La Dernière Messe, 28-29 juin 2019, L’Undertown, Meyrin, Suisse. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Mais d’abord, ce sont les Français de Griffon avec un set pur black. Alors soyons clairs (ha! ha!), le black metal ne sera sans doute jamais mon genre préféré, mais j’aime plutôt bien ce qu’ils font.

Pas les voix scream-growl, mais une grosse dose de mélodie à laquelle je ne m’attendais pas et un certain sens de la mise en scène épique. Bon j’avoue aussi que j’ai maintenant du mal à voir du corpse-paint sans penser à Belzebubs.

N’empêche que leur prestation d’une grosse demi-heure est plutôt convaincante. Le public est d’ailleurs plutôt présent, même si, pour une raison qui m’échappe, il ne s’aventure pas à moins de trois mètres de la scène. Vous allez pas me dire qu’ils ont peur, quand même?

Cân Bardd @ La Dernière Messe
Cân Bardd (black-metal atmosphérique, Suisse), en concert le 28 juin à La Dernière Messe, 28-29 juin 2019, L’Undertown, Meyrin, Suisse. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Et puis c’est au tour de Cân Bardd, et …

Je vous ai déjà parlé de ces moments en concert, où soudainement on se dit que la magie existe? Eh bien ce soir là, la magie existait, pendant pas loin d’une heure. Cân Bardd en concert, c’est la complexité et le côté atmosphérique de Cân Bardd en CD plus l’intensité du live qui t’embarque. J’en avais les larmes aux yeux, sérieux.

J’appréhendais un peu ce que pouvait donner une musique aussi dense sur scène, mais ça passe très bien, en fait. Après, si je voulais pinailler, je mentionnerais les instruments fantômes. Il y avait beaucoup de samples et pour des passages comme la guitare acoustique, ça gêne un peu.

Mais il faut aussi dire que c’était leur tout premier concert et que déjà, comme ça, c’était énorme. Au reste, la foule était présente, compacte, et dès les premiers rangs. Il y a peut-être l’effet “régionaux de l’étape”, mais ça n’explique pas tout.

Norvhar @ La Dernière Messe
Norvhar (folk-metal, Suisse) en concert le 28 juin à La Dernière Messe, 28-29 juin 2019, L’Undertown, Meyrin, Suisse. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

C’est à Norvhar que revient la lourde tâche de conclure cette première soirée. Déjà, ils déboulent à six sur scène et, en plus, ils ne sont pas en mode calme! Dès les premières notes, les musiciens bougent de partout, emmenés par leur chanteur géant et leur folk-metal festif.

Leur set est un peu court, principalement parce qu’il n’ont encore qu’un seul album – et pas un bien gros – dans leur escarcelle, mais niveau intensité et puissance, y’a du niveau. Bon, il faut dire aussi que si le groupe est récent, il est aussi en grande partie des cendres d’une formation antérieure et donc ce ne sont pas des petits jeunes qui débutent, non plus.

Surtout, on sent bien que c’est un groupe qui aime jouer sur scène et qui peut se permettre quelques délires, comme avoir le chanteur et le claviers qui se lancent dans un concours d’air-guitar à l’arrière-plan pendant que les vrais guitaristes tapent leurs soli. Sans parler du crowd-surfing offert au guitariste, Guillaume, pour son dernier concert avec Norvhar.

Le lendemain, retour à l’Undertown! Quinze kilomètres à vélo dans la touffeur du soir, en montée dans les deux sens, tout ça.

Le programme de cette deuxième soirée est à priori moins affriolant pour mes pauvres oreilles de vieux prog-head, avec trois groupes de “pur” black metal. À priori.

Naðra @ La Dernière Messe
Naðra (black-metal, Islande) en concert le 29 juin à La Dernière Messe, 28-29 juin 2019, L’Undertown, Meyrin, Suisse. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

C’est Naðra qui ouvre le feu. Maquillages de survivants et tenues déchirées, la formation islandaise – la première de la soirée – attaque ferme avec un set intense et sauvage.

Et, surprenamment, plutôt mélodique, aussi. Et c’est peut-être le signe que je n’y connais pas grand chose au black et que je pars sur des idées préconçues.

Bref, Naðra ça poutre, certes, mais avec mélodie. Mais ça poutre, avec un chanteur habité qui finit le concert en allant mosher allègrement dans la fosse au milieu de la bière renversée. On ne fait pas beaucoup plus metal.

Abyssal Vacuum @ La Dernière Messe
Abyssal Vacuum (black-metal, France) en concert le 29 juin à La Dernière Messe, 28-29 juin 2019, L’Undertown, Meyrin, Suisse. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Abyssal Vacuum, le groupe suivant, c’est un tout autre style. On est dans un black-metal plus introspectif, hypnotique, proche du post-metal. Les quatre musiciens (trois Lyonnais et un Fribourgeois), dont il s’agissait ici du premier concert, sont plus statiques. Mais leurs compositions ne manquent pas d’intensité.

Bon, perso je ne raffole pas de leur light show stroboscopique – encore plus que d’habitude s’entend. Et j’ai aussi senti le public plus réservé qu’avec les autres groupes. Mais peut-être était-ce simplement parce qu’il n’est pas encore connu.

Misþyrming @ La Dernière Messe
Misþyrming (black-metal, Islande) en concert le 29 juin à La Dernière Messe, 28-29 juin 2019, L’Undertown, Meyrin, Suisse. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Misþyrming est le dernier groupe de la soirée. Quand ils montent sur scène, avec leurs maquillages « camo » et leurs tenues de scènes paramilitaires, je me dis brièvement que j’ai déjà vu ces têtes quelque part. Normal: les deux guitaristes et le bassiste jouaient aussi avec Naðra.

Leur black-metal est d’ailleurs dans la même veine: très énergique, voire énervé, peut-être plus contrôlé mais pas moins à fond les ballons. Moins mélodique, aussi, du coup, je décroche un peu.

J’ai d’ailleurs l’impression que le public aussi avait un peu décroché. Chaleur, heure tardive ou fatigue après deux jours de déchaînements, la foule, qui restait encore conséquente, n’a pas vraiment été très enthousiaste. On a même eu l’impression que les musiciens eux-mêmes en avaient un peu marre et sont partis sans rien dire. Ou peut-être est-ce dans leur style, je ne sais pas.

Quoi qu’il en soit, ce mini-festival a permis à Wild Boar Legacy de conclure en beauté son existence au service du metal en Suisse romande. Même si, globalement, l’Undertown a été loin d’être rempli, il y avait tout de même une foule conséquente et, à mon grand étonnement pas mal féminine.

Dans l’ensemble, le son a été bon, voire très bon; peut-être un peu trop fort à mon goût pour les deux derniers groupes, mais rien de tragique. J’ai découvert une scène assez éloignée des clichés, une musique plus mélodique et peut-être moins extrême que je ne le pensais.

J’ai été moins fan de l’éclairage en mode stroboscopique par l’arrière, mais c’est surtout mon côté photographe qui parle (surtout après les lights somptueux à L’Usine, pour Radio Moscow et Monkey3).

Et donc, j’ai aussi une – petite – galerie de photos, les moins pourrites du lot, sur Flickr, sous licence Creative Commons.

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