« Les Futurs Mystères de Paris », tome 2, de Roland C. Wagner

Et voilà poncé le deuxième pavé de cette intégrale des Futurs Mystères de Paris, saga de Roland C. Wagner! Un peu plus de mille cent pages, divisées en quatre romans et trois histoires courtes.

Pour un résumé, je vous renverrais vers ma chronique du premier tome. Mais disons que, pour résumer le résumé, c’est l’histoire d’un détective privé, Tem (pour Temple Sacré de l’Aube Radieuse), dans un Paris plus bizarre que futuriste, mais futuriste quand même. Mais surtout bizarre.

Les Futurs Mystères de Paris, ce sont des histoires qui mêlent science-fiction, polar et fantastique. Mais ce sont surtout des histoires qui se déroulent dans un univers particulier, où le monde réel et la Psychosphère – une sorte de monde des idées, mais avec plus de drogues – se frôlent. Voire plus.

Et je dirais que c’est surtout ce dernier point qui fait la force et l’originalité de cette série. Déjà, Roland C. Wagner imagine un avenir plus apaisé, où un événement traumatique lié à la Psychosphère semble avoir massivement atténué les pulsions violentes de l’humanité.

« Plus apaisé » ne veut pas dire complètement apaisé non plus, et le pauvre Tem – qui est végétarien, non violent, non fumeur et ne boit pas d’alcool non plus – est régulièrement confronté à des cadavres et des gens qui lui en veulent. Parfois personnellement.

En fait, dans ce deuxième tome, Tem va devoir gérer un paquet d’ennuis que lui a laissé son grand-père – sans le lui dire, sinon ce ne serait pas drôle. Lequel grand-père n’est autre que… Roland C. Wagner lui-même.

Enfin, pour être précis, il fait du personnage principal du Faisceau Chromatique l’auteur d’un certain nombre de ses ouvrages – y compris Le Faisceau Chromatique, qui joue un rôle central dans les premières histoires de ce tome, et même le très oubliable Nombril du Monde.

Ce qui pourrait passer pour une facétie d’auteur quelque peu mégalomane est plutôt bien intégré dans la trame des histoires. J’ai notamment été bluffé par l’ambiance et les événements de Babaluma, qui se déroulent dans la ville de Plessis-Robinson. On a d’ailleurs l’impression que Roland C. Wagner – qui, comme son alter-ego, y a vécu – n’y a pas que des bons souvenirs et a décidé de régler ses comptes.

En fait, tout ça donne l’impression d’une sorte « d’œuvre totale », qui relie les œuvres de jeunesse de l’auteur et les intègre dans quelque chose de plus grand. Et cette impression transcende des romans qui, autrement, auraient été sympathiques, mais guère plus.

Bon, je suis un peu méchant. Globalement, Les Futurs Mystères de Paris sont bien foutus. L’ambiance de ce Paris semi-utopique de 2064 et la galerie de personnages qui gravitent, non pas au 21, mais autour de Tem sont très agréables.

Je dirais juste que la partie « enquête » est souvent un peu faible et a tendance à être bouclée en mode hop-hop-hop. Quitte, pour l’auteur, à revenir dessus dans le suivant, pour combler les trous qui se voient un peu trop…

Que retenir, au final, des Futurs Mystères de Paris? Déjà, ce n’est pas l’Œuvre Majeure, le magnum opus de Roland C. Wagner – cet honneur revient à Rêves de Gloire.

Mais ce n’est pas très loin non plus, ne serait-ce que par l’étendue de l’univers ainsi créé: neuf romans et une palanquée de nouvelles, sans compter les textes de Histoire d’un futur proche. Et surtout, c’est un ensemble très cohérent. Foisonnant, voire bordélique, mais qui tient debout.

Cette intégrale, sortie en 2015, est une excellente initiative de L’Atalante. C’est du bon gros bouquin, mais au service d’une série que je recommande volontiers.

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